REVUE DES REVUES Notre ami H. Julien nous dispense d'y répondre. Dans la QuEsno:-.1 SOCIALE (numéro d'octobre) il a uoe fois de plus répété ce que l'éminent philosophe semble ignorer: que nos rcYendications immédiates sont plus des moyens que des buts et que si nous réclamons pour chacun le droit au pain quotidien, c'est pour assurer à tous le droit au rêYC. Développer l'instruction, la répandre à profusion, dispenser la science à tous les enfants, éclairer toutes les intelligences, voilà le but poursuivi par - ce mouvement démocratique auquel M. Fouillée reproche de consommer la perte de la démocratie. Lorsque ce résultat sera atteint, les nations contemporaines ne seront pa~ découronnées de leur élite ; leur population tout entière sera élevée au rang de ceux qui, aujourd'hui, forment cette élite. Nous ne serons pas les équivalents intellectuels des Chinois ; tous les membres des races civilisées leur seront aussi supérieurs qu'aujourd'hui M. Fouillée, et les quelques professeurs, littérateurs, artistes, médecins, avocats ou autres qui composent la minorité instruite de la génération actuelle. Mais cc but est encore lointain; aussi, des aujourd'hui, certains se preoccupcnt-ils de diminuer la distance qui isole la masse inculte de cc qu'on a appelé l' « aristocratie intcllcctucllc », de relier comme le dit M. Edouard Fustcr dans /' Art el la Vie (numéro de noYembrc) l'U11iversilé a11 Peuple. M. Fuster s'éléYC contre ce lent traYail de dissociation qui semble le but même poursuivi par l'UniYcrsité. Les étudiants ne sont point, comme ils le dcnaicnt, l'élite intellectuelle et morale de la nation, mais les fils d'une classe priYilégiée et dominante, eux-mêmes apprentis gouYcrnants. Quant à l'UniYcrsité, de plus en plus clic « isole et dissocie cette jeunesse qui prétend diriger ou qu'on prétend Yoir diriger. Car il est frappant combien celle-ci est à la fois ignorante des problemes sociaux et sépan.'.:c des principaux intéressés. Il semble qu'on exerce infiniment sa critique sur quelques points, mais qu'ici on la laisse aller, tout insouciante ou tout inquiétc ». M. Fuster demande a l'Université de demain d'abandonner son attitude dédaigneuse d'aujourd'hui et de jouer un triple ràle. « Instruire les étudiants des problémes de la Yie sociale, r edeYenir l'UniYcrsité .de toute la nation en rapprochant et élennt les classes par une culture commune, enfin d'UniYersité sociologique, l'UniYersité sociale, deYenir le foyer de l'esprit nom·cau, la source de tout effort désintéressé ». Il y a dans cet article tant de sincérité et de chaleur qu'on oublie un peu que les idées n'en sont pas très neuYes. Certes nous ne songeions point à faire de cela un reproche à M. Fustcr, s'il n'affectait pas
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