La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

REVUE DES REVUES 6 II De ces interviews et de ces lettres se d6gagent non seulement des problcmes esthétiques, mais aussi et plus nombreux certes des problémes sociaux. « Le grand mal de notre 6poque, dit par exemple M. Henry Hanrd, c'est que la plupart des hommes, quelle que soit la profession qu'ils embrassent, l'embrassent trop tard. Ils ne choisissent leurs m6tiers différents qu'après aYoir terminé leurs études générales, après leur service militaire. Ceux qui se décident pour les professions artistiques n'y sont pas préparés par leur éducation premiérc. Cc défaut de • première éducation spéciale est funeste dans les arts qu'on est convenu de qualifier décoratifs, plus que dans tout autre. L'art décoratif nécessite, chez l'artiste, des connaissances techniques, une pratique professionnelle qui manquent, j'ai eu le regret de le constater dans des expositions récentes, à nos i1wenteurs de formes et de décorations nouvelles. » Voilà une importante question d'éducation nettement présentée et, pour un point dctcrminé, une solution précise : la justification de l'enseignement professionnel si méprise des universitaires. Un peu plus loin, lvl. J. Dampt, dans une lettre où il déplore et explique ce fait que notre sit'.:clcn'a pas de style qui lui soit propre, s'écrie : « Mais sur cc fumier moderne peut-être poussera-t-il une génératioq meilleure ; alors les machines sen·iront à soulager la miscre; le télégraphe transmettra plus Yite les plaintes de ceux qui souffrent, les chemins de fer rc1werscront les frontiéres où guette la force armée ... Alors, ceux qui auront mis tout leur cœur dans une œunc seront compris et aimés. » Parce qu'alors, ajouterons-nous, ils auront su aimer et comprendre les autres. * * * Au récent congrès international de sociologie, sir John Lubbock, le chancelier de l'Université de Londres, a fait à ses collégues des confidences sur la prospcrité de l'Angleterre. Le nombre annuel des condamnés à la prison diminuerait sensiblement. Quant à celui des pauncs, il serait tombé de 47 à 22 pour r,ooo habitants. Une véritable renaissance morale et économique à la fois. Malheureusement, la REVUE DES REVUES vient jeter quelques doutes fàcheux sur ces optimistes affirmations. « Sait-on, dit-elle, dans un article sur la }.lfisereanglaise, que la mort de faim est plus fréquente en Angleterre que dans n'importe quel autre pays européen. Hobson qui cite ror cas ~n r881 (dont 27 morts de faim pour la ville de Londres), ajoute ces mots significatifs : « Sur r cas enregistré « par la statistique, il faut ajouter au moins ... roo qu'on a oubliéd'ins-

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