La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

610 LA REVUESOCIALISTE d'admirables symboles. Elles ne s'adaptent plus aujourd'hui à notre état d'esprit. Les histoires qui passionnaient notre enfance ne suffisent plus maintenant aux besoins de notre imagination. Regrettez-le, mais n'espérez pas arrêter cette marche éternelle des choses qui est la Yie. Ne dites point surtout que l'idéal est mort, parce que le Yàtre Ya s'effaçant. • M. Tarde, d'ailleurs, en ounant le numéro de l'ERmTAGEoù est publiée sa lettre, a dû avoir quelque étonnement à la lecture de certaine étude sur l'Esoléris111en lilléral11re. L'auteur M. D. de Yenancourt y expose aycc m<'.:thodcl'œuvrc de M. Jules Bois, et c'est la un fort intéressant article en ce qu'il précise une originale physionomie d'écriYain et mieux encore un mouvement d'idées, un ensemble de tendances. Déja nous aYons eu l'occasion de signaler la direction de cet idéalisme cxaspén.': qu'est l'ésotérisme, ses aspirations a la fois g<'.:nércuscs et mystiques, son double aspect social et symbolique. Nous Youdrions pouYoir l'examiner longuement. Peut-être y a-t-il la, pour l'esprit qu'étreint le vertige du mystcrc et qu'agite un besoin de foi, le germe de quelque chose qui ferait oublier les religions disparues. Et certes il est plus intéressant de s'efforcer de discerner dans le mouvement actuel cc que sera le prochain avenir, que de se lamenter sur le passé ou ce qui le devient. La RHUE DES REVUES(n° du I 5 octobre) nous parle de la peuplade des Tarahumaris, habitants de la Sierra Madre qui ont pour dieux nationaux des plantes vivaces, de petits cactus. Si quelques jeunes gens dans cette peuplade se montrent irreYerencieux enYers la divinité, les vieillards, là-bas aussi, doivent hocher la tète et affirmer dans leur langage que la fin du monde est proche et que l'idéal s'en Ya. Tarahumari ou Européen, on admet toujours difficilement que le fils ne se contente pas d'être le portrait du pcrc, et que les conditions morales de la Yie d'un peuple changent avec les années comme ce peuple lui-même. Au reste, comme la religion, l'ait se modifie sans cesse et comme die, il a ses pontifes qui crient au sacrilégc quand de nouveau Ycnus heurtent les principes établis. Mais ce sont là criailleries \'aines; l'art, reflet de l'âme d'un peuple, évolue lentement comme elle. Malgré les membres de l'Institut, il semble en cc moment prendre une direction particulicrc, s'allier plus intimement à certaines industries. Les objets d'art ont leur place dans les expositions annuelles. C'est là une tendance qui peut avoir une grande importance sociale et à cet égard l'enquête que publie le JounxAL DESARTISTESsur I'l:vol11Lio11 des i11d11stries d'Art est un recueil de précieux documents.

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