REVUEDESREVUES démocratie serait restée ce que furent certaines démocraties d'autrefois, c'est-à-dire, en réalité, une oligarchie farouche de ploutocrates, maîtres du pouvoir, régnant par les lois et les mœurs? » La sincérité de cette inquiétude doit nous émouYoir. M. H. Fouquier deviendrait-il un de ceux « dont se glorifiera la société prochaine? » Il en faudrait féliciter la REVUEDE L'ÉPOQUE. Les mêmes inquiétudes sur notre décadence morale prennent dans d'autres. esprits, une forme différente. Ceux-ci n'osant espérer •dans l'avenir se contentent de regretter le passé tout en déplorant le présent. M. Tarde, dans une lettre qu'il adresse à !'ERMITAGE( n° d'octobre), à propos d'une brochure sur la Decadence religieuse, nous dit sa tristesse au spectacle de ce qui est quand il songe à ce qui n'est plus. « Ce rapprochement est nawant, édit-il, pour ceux qui persistent à ne pas désesperer de l'avenir religieux, du rôle social dévolu au clergé, et qui ne se resignent pas à voir se dessécher parmi nous une mer intérieure de foi, de dévouement, d'amour, longtemps incomparable, et aprés laquelle la plus belle lumiére de notre ciYilisation menace de n'.éclairer qu'une humanité stérile et pulvérisée, réduite à l'état de desert brûlant ... Mais je me permets de penser aussi, affirme-t-il à son correspondant, que, en donnant au clergé le conseil de rompre le dble concordataire, vous YOUsméprenez sur les aptitudes véritables de ce ballon captif. » Pourquoi tant discuter autour de la question sociale, quand la solution en serait si simple, quand le clergé « bal/011 captif» pourrait mettre au cœur de chacun la somme d'enthousiasme c01wenable, exciter à un degré approprié l'esprit de pitié chez les riches et de résignation chez les pauvres, pour que tout pôt être déclaré pour le mieux dans le meilleur des mondes, pour que cessât enfin la pulvérisation de cette pauvre humanité et sa réduction à l'état de désert bnîlant? Voila une solution dont la forme est au moins originale, si le fond en est un peu vieilli. Elle yaut pourtant qu'on s'y arrête. Les septiments personnels de M. Tarde, ses regrets, sont fort respectables. Mais quand il déplore, dans la disparition des religions, la mort de l'idéal, peut-être manque-t-il pour un instant d'esprit philosophique. Tout passe·, tout change, tout coule, disait déjà le YieilHéraclite et M. Tarde ne l'ignore pas. Pour le passé mort, la résurrection n'est possible que dans l'histoire. Avec le vieux monde qui s'éteint, disparaît lentement un idéal; mais déjà de jeunes fois s'ébauchent aYec les grands espoirs naissants. Quant aux croyances de jadis, pourquoi les regretter plus que ies légendes berceuses des contes 'de fées ou les merveilleuses mythologies païennes. Elles furent en leur temps 39
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