La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

600 LA REVUE SOCIALISTE de la façon serrée et nette par laquelle ib deYienncnt éloquents et Yivent. .. Et il n'est nulle part, dans ses autres ou nages, plus présent que dans celui-ci où il a poussé jusqu'à l'extrême la Yolonté de s'effacer, de réfréner son sentiment personnel. .. Nulle part, il n'apparaît mieux cc qu'il est, c'.iprisde Yéritt':, soucieux de justice, hanté du grand rêve de solidarité future où doivent s'éteindre toutes les haines, se réduire la misere et la douleur du monde ... Et cc livre est aussi d'un art littéraire bien supérieur a la manière première de l'auteur, lorsqu'il incrustait ses phrases de tant de pierreries opulentes ! Mieux Yaut la langue simple et nue, Yigoureuse, dont il use, que celle qu'il rcYêtait jadis d'ornements empruntés. Faut-il parler maintenant des Figures co11/empornines? C'c~t le liYre de Bernard Lazare qui aura du succés, parce que brutal et souvent injuste! Courageux aussi, ne redoutant pas de s'attaquer dans tous les camps. Line très mêlé, de portrait achevés, ici, de courtes pochades, la. Les qualites de polémistes Yiolent dont il a fait prcuye ça et la, et dans les Quaire faces se retrouYcnt dans les Figures co11te111porni11es, dépassent la mesure souYent. Le traie mordant et sûr abonde, mais plus d'une fois aussi est remplacé par le coup de poing .. Les figures, a ce jeu, se déforment assez facilement jusqu'à la caricature. Mais l'écriYain risque aussi de se trouYer défiguré, et que l'on prenne moins garde a l'historien au critique Yéridiquc, sans concessions, qu'il Youlait être et qu'il peut être, qu'a un facile entrepreneur de démolitions. ]EA~ AJALBERT. Ll\'·RES DU MOIS Le Château singulier, par REMY DE Got;R~IO:-:T(édition du Mowre d1• France). - Dans la ConquJ/edu Pain, Kropotkine, constatant le peu de progrès, en somme, de l'imprimerie, depuis Gutenberg, émet l'idée que si les écrivains étaient obligés de s'occuper de l'impr-:ssion de leurs œun-es, de les imprimer eux-mêmes, les progrès seraient bien plus rapides. C'est à croire. Il suffit de regarder les jolies plaquettes du 1vfr1·curede France, où ce sont un peu les auteurs qui dirigent l'édition, pour s'en convaincre. Typographie, papier, for-' mat, en-tête, culs de lampes, il faut d'abord remarquer l'aspect artistique de ces publications. Le Château Singulier est un petit conte à tendances symboliques, où l'un des personnages, Vitalis, qui s'est aventuré jusqu'à la belle Elade, qui y habite, redescend tout de suite vers la vie. Elade, c'ètait le rêve. Dés qu'il s'est approché, \'italis, au lieu de la beauté imaginée, n'a plus trouvé là qu'une forme ,·aine, l'éternelle prostituée, à tous, à quiconque la désire,

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