La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

594 LA REVUE SOCIALISTE indiYiduelles a paru à des théoriciens être en contradiction aYec les principes du collectiYisme. - Pour ces dissidents, leur opinion ne saurait être en rien modifiee par cette considération que partout où les propagandistes du parti sont venus en contact aYcc les paysans, ils leurs ont apporté la bonne parole socialiste. En effet, les propagandistes aYaient le soin de dire aux paysans et d'insister sur cc fait que leur lopin de terre, une fois obtenu, sera déYoré par la grande propriété et que leur unique salut est dans l'expropriation des grands propriétaires et dans la nationalisation <lu sol. Fier de remplir sa mission d'avant-garde du socialisme dans l'Orient <le l'Europe, aux fronticrcs de la Russie, le parti socialiste roumain a cependant besoin d'attirer ,\ lui et de s'appuyer justement sur un grand nombre <le traYailleurs, sur les paysans. Jusqu'à présent, étant données la miscrc indicible et l'ignorance de nos paysans, on pouvait s'attendre à les Yoir se laisser prendre aux promesses fallacieuses des émissaires russes, qui leur affirmaienf que le czar interYiendrait en leur faveur. - Le parti socialiste seul a prouvé qu'il inspirait assez <le confiance aux paysans pour leur montrer et leur fairl! juger le czarismc sous son véritable et hi<ll!ux aspect. Mais poul' i nspircr confiance, il fallait avant tout appuycr leurs demandes de terres et leur prouver aussi que nous sommes a,·ec eux contre les boyards. D'ailleurs une considération plus imml'.:diatc et plus impéril!usc amena les socialistes à aider les paysans dans leurs demandes <le tcrrl!; cc mouYcment aurait en effet pu aboutir malgré nous et contre nous; les é,·éncments qui ont sui\'i ont confirmé nos prévisions à cet l'.:gard. Des révoltes agraires éclatcrent justement l:.'t où l'action socialiste ne s'était pas fait sentir, et elles furent toutes impitoyablement noyées dans le sang. Mais lorsque des pétitions demandant des terres commcnccrcnt à affluer par dizaines de milliers au Parlement, ks conscrnteurs et les libéram., pris Je panique, <lécidercnt d'un commun accord de vendre et de distribuer par lots aux paysans ks domaines <le l'État. Comme on deYait s'y attendre, l'application <le cette loi se fit a,·ec une lenteur calculée et donna lieu aux abus les plus criants. Le Congn'.:s national <le· Bucarest, considl'.:rant que les paysans n'.:clament aYcc insistance la mise en Ycntc de terres, a décidé de ne pas s'opposer à l'application de la loi rntée, mais conYaincu de l'indficacité de cette rcforml!, encore plus illusoire que celle de 1864, il a cté conYcnu que le parti socialiste roumain poursuiHait la pr9pagandc d'une autrl! solution, qu'il n'ayait jamais néglige <le faire connaitre aux paysans. A cet effet, le Congres a inscrit en tête de son programme agraire l'article sui\'ant : « Rachat graduel par l'État des grandes proprictés indiYiduclles

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