L'HIPOT PROGRESSIF DA~S LE CANTON DE VAUD 575 qu'ils lui doivent. Ceux qui so11ltargesavec lefisc so11at ussi largesavecles pauvres; ceux qui trichent le fisc ne sont pas ceux qui donnent aux pauvres. On a parlé de co11tribuablersicbes opprimés par une majoritè de petits contribuables, de spoliation, de larcin. Voyons un peu : celui qui possède 8,000 francs a un revenu de 320 francs. L'impôt lui prendra 8 francs. Il lui restera 312 francs pour vivre. Celui qui a 600,000 francs, touche 24.,000, paie 2,100 francs d'impôt. Reste 21,900 francs. Qui des deux est à plaindre? Est-ce réellement un fardeau pour l'homme aux 600,000 francs ? Bien des gens Youdraient plier l'échine sous ce fardeau-là! Atbè11easvait déjà iwe sorted'impôt par catégories. Écoutez ce qu'en dit Montesquieu : « Dans l'impôt sur la personne, la proportion injuste « serait celle qui suivrait exactement la proportion des biens. On « avait divisé à Athènes le_scitoyens en quatre classes : ceux qui reti- « raient de leurs biens cinq cents mesures de fruits liquides ou secs, cc payaient au Trèsor un talent ou 60 mines; ceux qui en retiraient « trois cents mesures, deYaient un demi-talent; ceux qui avaient « deux cents mesures, payaient 10 mines; ceux de la quatricme classe « ne donnaient rien. La taxe ètait juste, quoiqu'elle ne fùt point pro- « portionnelle ; si elle ne suivait pas la proportion des biens, elle « suivait la proportion des besoins. On jugea que chacun avait un nèces- « saire physique ègal, quecenécessaireuedevait poi11êt tre /axé, que l'utile << yenait ensuite, et qu'il devait être taxè, mais 111oi1q1use le rnperfl.u ». Jean-BaptisteSay: « En supposant l'impôt purement ?.roport'ïon- « ne! au revenu, d'un dixième, par exemple, il enlèverait à une « famille qui possède 300,000 francs de revenu, 30,000 francs. Cette « famille en conserverait 2jo,ooo à dépenser par an, et l'on peut « croire qu'avec un pareil revenu, non seulement elle ne manquerait « de rien, mais qu'elle conserverait encore beaucoup de ces jouis- « sances qui ne sont pas indispensables pour le bonheur; tandis << qu'une famille qui ne possèderait qu'un revenu de 300 francs, et à « qui l'impôt n'en laisserait que 270, ne conserverait pas, dans nos « mœurs et au cours actuel des choses., ce qui est rigoureusement néces- « saire pour exister ... J'irai plus loin (qu'Adam Smith; voir plus haut) « et je ne craindrai pas de prononcer que l'impôt progressifest le seul « équitable 11. Onze ca1ito11ssuisses, disait en terminant M. Ruffy, ont (en 1884) l'impôtprogressif ou l'impôt par c~tégo~ies. A Zurich, la progression est très rapide; et cependant les capitaux ne sont pas sortis de ce canton; ou, s'ils l'ont essayé, ils y sont ·vite rentrés. L'impôt progressif est si bien entré dans les mœurs que j'ai entendu dire à un conservateur zurichois : « Si notre parti revenait au gouvernement,
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