574 LA REVUE SOCIALISTE sède, profite de l'État à un trcs haut degré. Plus il est riche, plus il a besoin de l'État pour garantir sa propriété, des tribunaux pour ses conflits, de nos agents à l'étranger pour ses besoins, des établissements d'instruction supérieure pour ses enfants. Il jouit beaucoup plus de tout c:ela que l'ouvrier, que sa position prive de l'usage de ces institutions. Et cependant, proportio11uelleme,,lt',ouvrier paie autant que le richard. Proud'hon disait en r86o « que l'impot proportion'nel était « proportionnel à la misère et la frappait progressiYement ». Outre l'impôt proportionnel, nous avons certains impots indirects : les douanes, qui rencherisscnt même les objets de première nécessité; l'impôt du sel, qui tombe presque en entier sur le pauvre, car un millionnaire ne mange pas mille fois plus de sel que celui qui a I ,ooo francs; le scn·ice militaire, si onérc;ux pour le paune, service qui prépare des soldats pour la defense du sol et de la propriété. Quand l'armee combat, disait aussi M. Vessaz, c'est pour defcndre la propriétc. Celui qui n'a rien ne défend qu'un idcal pour soi et la propricté des autres, surtout la propriété mobilière; car l'ennemi n'emporte pas des maisons, mais des millions. Au service, celui qui n'a rien reste simple soldat, reçoit la petite solde et porte le sac; . le riche devient officier. .. Dans les inondations et les incendies, est-cc les gens qui possèdent qui courent les dangers? Non, ils se contentent de commander et de donner de bons conseils, mais c'est le petit qui paie de sa personne. Ce sont les pauvres gens qui protègent le plus la propriétc. Combiend'impôtsqui frappe11pt lus dure111eulet petit queleriche! continuait M. Ruffy. Joseph Garnier l'a dit: « La pretcndue egalitè « de l'impôt n'est qu'une monstrueuse inégalité ». Ell 1861, en 1877 Oil a déjaprédit l'exodedes capitaux... Les expériences faites dans les pays lointains n'ont jamais été merYeilleuscs. Nous sa\:ons des capitalistes qui y sont allés et qui en sont revenus - pas toujours avec leurs capi~aux. Les capitaux placés en Turquie ou sur les valeurs de M. Bontoux, nous savons ce qu'ils sont dcYenus. Oil prédit la haussedu taux de l'i11lérét; mais cc n'est pas la Bour~ de Lausanne qui fixe la valeur de l'argent, valeur qui dépend du marché universel. Les banques regorgent de capitaux improductifs. Quand l'argent est abondant, il l'est partout. [La Revue, de Lausanne : Le départ éYcntucl de deux ou trois capitalistes est aussi incapable de faire hausser le taux de l'intérêt que le niveau du Léman]. On a parlé de la fraude; mais les fraudeurs existent déjà, puisque, pendant quatorzc ans, ils ont soustrait I 80 millions aux investigations du fisc et qu'ils en cachent peut-être encore autant. Ceux qui veulent frauder, fraudent déja. [Et l'i11ventaireau décesen di111i11uelrea110111bre]. Quant à la bienfaisance, les hommes vraiment généreux ne refuseront jamais d'être généreux aussi envers l'État et de lui payer ce
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