L'I~IPOT PROGRESSIF DA~S LE CA~TO~ DE VAUD 569 « mies. Ne croyez-vous pas que ces citoyens cesseront leurs libéracc lités? » Dans notre situation (188-1-), impossible de songer a une aggravation des contrib11tio1p11s1bliq11es. ous• sommes arrivés au maximum de ce que l'on peut exiger. Depuis 1874, le produit brut de l'impôt a augmenté de plus d'un million. AYec les impôts actuels, avec de l'ordre et de l'économie, la marche de l'administration est assurée. Dans un canton essentiellement agricole, la sit11nlio1é1co110111ique n'a aucune analogie aYec celle des cantons où existe l'impôt par catégories, cantons essentiellement industriels et commerçants. La fortune s'y reconstitue avec une assez grande rapidité. Chez nous, elle est plutôt stationnaire; elle n'augmente que par l'économie (?) Ce sont surtout les fortunes moyennes qui seront frappées. L'i111pô1t1'attei11drpans lesgeus q11ipeuvent quitter le pnys sn11sdifficulté. Et non seulement ces fortunes sortiront, mais les capitaux étrangers ne viendront plus chez nous ; et les Suisses émigrés se garderont de reYenir s'ils ont fait fortune. Si le millionnaire vaudois ne s'expatrie pas, il placera ses capitaux e.n achat d'immeubles dans les cantons, voisins OU a l'étranger. Certains orateurs conservateurs font l'élogedes i111pôitnsdirects et vantent c< l'intelligence de nos voisins de France qui saYent frapper le « contribuable sans le froisser; le contribuable est étrillé, battu et <c content. C'est une loi merYeillcuse ... » (M. Dufour.) On veut nttei11drele superflu. Qu'on nous explique cc que c'est! Le pauvre coupeur de bois qui ,·oit passer un employé de l'État aYe.c une redingote noire, se dit : cc En voilà un qui a du superflu! ii La notiGn du superflu est donc très relative. Certainement il y en a ; mais il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. « Le superflu, d'apres « M. Carra rd, résulte de l'inégalité des conditions, inégalité que vous <c n'empêcherez pas de se produire, parce qu'elle tient a un ordre de <c choses immuable ii. Et M. J.-J. Mercier, le grand tanneur millionnâire, « représentant des ouvriers et du travail ii, ajoutait : <c On a « parlé de lois (économiques) naturelles ; je les appellerai des lois « divines. Ces lois, on ne peut y échapper ... L'homme s'agite, et c< Dieu le méne. Eh bien, ces lois économiques, il faut en tenir cc compte;. on ne peut les mépriser impunément i>. Le luxe fait aller le commerce et l'industrie. Ce ,,' est pas les riches qui so11ffriro11t, mais la diminution de leurs dépenses fera souffrir les nécessiteux. (M. de Guimps.) Il y aura répercussion. Si c'est un bal que le contribuable se retranche,· vous frappez la couturière, la marchande de gants, etc. (M. Carrard.) Qu'est-cc que le traYailleur. 'demande? Qu'on lui achète le produit de son travail. c< Quel est le « consommateur par excellence, sï' ce n'est le rentier? Qu'est-ce que
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