LA RE\'UE SOCIALISTE raient aYoir la majorité. Le parti au pouYoir eut l'habileté de se joindre à la demande de rcYision, que le peuple \'Ota, mais qui, de cette façon, ne prit pas les proportions d'une Yictoire conscrYatrice. La Constituante, en majorité radicale, introduisit dans la Constitution l'impôt progressif, au grand désespoir des conscrYatcurs, qui se mordirent les doigts d'aYoir demandé la rcYision. L'impôt progressif consiste, on le sait, à cleYcr le taux de l'impôt à mesure que s'élève la fortune <lu contribuable, tandis que l'impôt proportionnel prélève toujours le 1nêmctaux, quelle que soit la fortune. Poussé jusqu'au bout, l'impôt progressif aboutirait à la confiscation par l'État de tous les rcYenus dcpassant un certain chiffre, chiffre Yariant scion le taux de la progression. On y viendra pcut-C:trc, comme transition au collectivisme ; mais l'impôt Yaudois n'est pas cela. C'est un modeste impôt par catégories, à progressionlimitée. I Apres un résumé des arguments contre et pour, nous exposerons le systémc adopte, puis nous donnerons les résultats obtenus. La parole est à Ml\L les conscrvatcBrs; ils affirment plus qu'ils ne prOU\'Cnt : L'ftal sefait socialiste (r), tuant par degrés toute initiati\'C indiYiduellc (?) En déchargeant les petits contribuables, YOus les amollirez, YOUSdiminuerez leur énergie! L'i111pôpl rogressif e111pêcbcrla'éparg11c, la découragera tout au moins, punira l'économie et fera monter k taux de l'intérêt. Cet impôt est arbitraire, cy11iq11c111i1w1tj11stsep, oliateur cl, par-dcsrns le 111archéf,ort imprudeut : « J'ai la conviction, disait « l\l. l'ayocat Morel, que le produit de l'impôt sera inférieur aux •rcn- << dements actuels ». Le canton n'a pas assez de grandes fortunes pour que l'impôt soit productif. Voire impôt poussera à lafraude: s'estimant Yictimcs d'une injustice, les gros contribuables croiront légitime de la réparer. Leurs enfants, aigris comme eux, se détacheront de leurs pays et ne chanteront plus aYcc le mèmc enthousiasme : Ca11to1d1e Vaud, si bl'n11 ! (2) La bieufaisa11cel,es bo1111œcs11vrespâtiro11t Je l'impôt progressif. « Dans le canton de Vaud, disait M. Carrard, les hommes qui possc- « dent ont toujours eu les mains largement ouYcrtcs, et cela pour le « plus grand bien de l'État (?), qui a pu faire ainsi de grandes écono- ( 1) Le beau malheur! (2) ~!. de Gingins. \'oir B11lldi11des séancesde l'Asstmblée co11stit11a11dtuc cau/011de Vaud, 1884 Lt 1885.
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