LE SOCIALISME EN SORBO::,,rNE gation aux prindpes traditionnels de notre démocratie, déYiation du triple but que s'était fixé la Révolution, origine de la France nouYelle. M. Espinas approuve pleinement ce changement d'orientation dans la marche de la France et souhaite qu'il dure. Il trace un tableau naiment idyllique des bienfaits de la concentration accomplie sous la pression du danger. Pendant tout ce temps, point de querelles philosophiques aiguës. (Qu'est devenu le temps ou, suspect d'hérésie, mal YU pour ses opinions, M. Espinas enviait, m'a-t-il dit lui-même, ceux qui enseignaient a l'étranger?) Il salue avec joie le clergé « joignant a la religion du Christ la religion du drapeau». (Il paraît que l'esprit nouveau souffle fort a la Sorbonne : on n'y songe plus que la loi enrôlant les séminaristes est mise par l'Église au nombre des lois scélérates.) Il montre l'armée devenue la grande école de discipline sociale et apprenant aux déshérités de la fortune i souffrir l'inégalité comme une chose naturelle. (L'éloge aurait plus de prix s'il émanait d'un homme ayant passé par la caserne.) Que de belles choses M. Espinas ne Yoit-il pas encore! Un élan de philanthropie superbe ! (C'est à croire que les gueux qui meurent . de faim ou se tuent pour échapper à la misc'.:reYeulent faire piéce à ces bons philanthropes!) Des lois « qui i,witent en quelque sorte les travailleurs à s'unir pour la défense de leurs intérêts! ,, (Voyez-Yous ministres et patrons poussant les ouni~rs par les épaules pour les faire entrer dans les syndicats?) Bref, dans aucun pays d'Europe il n'a été autant fait peut-être pour diminuer l'égalité que dans le pays qui a donné l'exemple de l'instruction publique gratuite. (Je ne Yeux pas faire le tour de l'Europe; mais je me figurais, jusqu'à présent, que la Suisse aYait, bien avant la France, institué l'instruction obligatoire et gratuite et que l'Allemagne, l'Angleterre même nous anient devancés dans les lois de protection ouvrière.) M. Espinas, eniné du spectacle que lui présente la République opportuniste, va jusquTdire que la France a connu alors, dans l'union de toutes les bonnes Yolontés pour le rclcvement national, « une forme éleYée du socialisme, un socialisme qu'on peut appeler organique ». On n'est pas difficile en fait de socialisme i la Sorbonne; mais qui •sait ? prononcer ce mot sans y accoler une épithéte infamante est di'.:jàsans doute, en pareil milieu, une hardiesse et un progrcs. Par malheur, dans cet horizon rose, un point noir : l'idéal de la Révolution française qui reparait: la jeunesse qui ne veut plus s'enfermer dans l'égoïsme national, qui n'admire point suffisamment le militarisme, qui aspire à tuer la guerre, qui se préoccupe de l'humanité tout entière, qui méprise la vieille politique de defi.ance et de haine mutuelles, qui rêve de fusion entre les classes et de fédération entre les peuples. 4
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