La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LE SOCIALISME AGRAIRE 553 nique de l'industrie confü: aux ouniers associés fonctionnera pour le bien-ètre de tous. Le parti socialiste, maître du pouvoir, loin de vouloir di:ranger le paysanpropriétaire dans la tranquille possession du lambeau de terre qu'il fèconde de ses sueurs, « supprimera les impôts qui pèsent sur lui, le dèbarrassera des usuriers qui le dévorent, en abolissant les dettes chirographaires et hypothécaires, et l'aidera dans son exploitation en lui fournissant du cri:dit, des machines, des engrais, des semences, des bestiaux à engraisser, etc., et en lui permettant d'acquitter sa dette en nature. » Ce sont les hommes, nés dans la République sociale, fondée sur les ruines de la société capitaliste et élevés dans les idées communistes, qui, sans blesser les sentiments de personne, feront rentrer dans le domaine de la nation les parcelles de terre que, par intérêt, les capitalistes avaient laissées en la possession de leurs pères. * * * La presse capitaliste aYait encore escompté la scission au congres Je Francfort entre les socialistes Berlinois et les socialistes BaYarois. Cette scission était impossible, car Vollmar, au fond, ne pouvait pas dire et en fait n'a pas dit autre chose à Francfort que cc qu'anit dit Liebknecht lui-mC:mc au congrès de Halle : « Les paysans tiennent étroitement à leur propriétc, bien qu'elle ne soit guc nominale et imaginaire, parce qu'elle est endettée. Un décret d'expropriation les exciterait à la plus Yiolentc résistance, peut être à une rébellion ouYertc; il faut donc procéder avec les plus grandes précautions. )) C'est graduellement qu'il faut façonner les· paysans au socialisme intégral. Au reste, en cc siècle de la vapeur et de l'électricité, où il n'est plus possible de YiYificr les métiers isolés et la petite culture, les faits eux-mêmes se chargeront, dans chaque commune agricole, de l'éducation socialiste du paysan .... La dissémination indiYidualistc aura vécu. - Et, ainsi que l'a dit Lafargue, à antes, cc sont les hommes nés dans la République sociale, et élcYés dans les idées communistes qui, sans blesser les sentiments de personne, feront rentrer dans le domaine de la nation toutes les parcdlcs de terre. Que le Parti socialiste, maître du pouYoir, confisque, au profit de la communauté nationale les grands biens ruraux, et, sans les • dépecer ni les distribuer, les confie aux salariés actuels de l'agriculture organisés en corporations collectiYes et les petits propriétaires, qui n'auront pas· voulu se syndiquer immédiatement, imploreront bientôt d'eux-mêmes la grâce de l'association. Et il ne restera plus pour consolider et parfaire l'œune collectiYiste, qu'à donner à la génération issue de ces cultivateurs organisés, de ces om-ricrs associés, une instruction et une pédagoiie communistes. ADRIEN VEBER.

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