LA REVUE SOCIALISTE être accapares par les grands proprietaires. « Toutes les reformes « sociales, écrit encore Kautski, tous les moyens pour sauYer les « paysans et les artisans de la miscrc ressemblent comme effet à une « loterie. Quand ces moyens proposés sont d'une certaine utilité, ils « ne le sont rien que pour quelques-uns, pour ceux d'entre les « paysans et artisans qui sont plus aisés, leur permettant de lâcher la « petite production et de deYcnir capitalistes, partant concurrents, qui « aident ensuite à la disparition des autres ». Combien Lafargue aYait raison de s'écrier à Nantes que le crédit agricole, surtout si l'on simplifie la procédure de Yente des biens immobiliers, ne sera que l'institution de la faillite agricole, l'organisation de la confiscation des petits domaines. - Tous les beaux projets de réformes agricoles Yicndront piteusement échouer aux pieds du Veau d'Or. * * * Les protectionnistes allemands qui ont appuyé les lois d'exception en Yigucur de r 878 à r 890 et aussi les grands propriétaires autrichiens, et quelques légistes français, l'abbé Lemire, M. LéYeillé, etc ... imaginent maintenant de combattre l'envahissement des campagnes par les idées rholutionnaires en re~ditant la tenure perpétuelle, la petite propriété indiYisible, le majorat rural ; ils yeulcnt une loi sur le Homeslead. Cc faisant, il visent surtout à avoir une main-d'ceuvrc stable et à bon marche. Nous leur dédions ce mot de M. Arthur RaffaloYich dans l'Eco110111iFsrtea11çais: « On établira de tout petits Reuteugüter insuffisants pour nourrir une famille, afin de se donner des laboureurs obliges de traYaillcr chez le grand propriétaire et entraves dans la liberté de se déplacer». Ce serait le rétablissement officiel du scn·agc. Si l'on Yeut sérieuscmei1t remédier à l'appaunisscmcnt graduel de la classe rurale et à la dépopulation des campagnes, que n'adoptct-on une partie des solutions proposées par le socialisme, que ne rétablit-on d'abord les droits séculaires de Yaine pâture et de glanage succcssi Yement frappés en ce siècle de restrictions de plus en plus vexatoires. Frapper d'inalicnabilitc les petits lots- de terre ne rendrait guère leurs possesseurs plus heureux ; au contraire ils seraient plus « dépendan.ts >> que les salariés manquant de toute propricté. Et en tout cas la reforme ne toucherait pas au sort des ouvriers agricoles. Ce qu'il faut rendre inaliénable, cc sont les terrains communaux qui subsistent encore et ceux à former. • Dans la commune de Champdôtre, arrondissement de Dijon, lisons-nous dans le Parti Ouvrier, l'on a dcboisc une propriété corn-
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