LE SOCIALISME AGRAIRE 547 munale. Si ces terres aYaient été vendues, les gens aisés le seraient deYenus davantage, mais, par contre, le nombre des malheureux se serait accru. La municipalité ayant préféré donner, pour un prix très minime, l'usufruit de ces terres devenues cultivables à tous les habitants, il n'y a plus ni pau\Tes ni mendiants dans ce village, et tous ses habitants sont plus heureux. Voilà les malheurs qu'entraîne la propriété collective ! * * * Dans les sphères officielles de France, l'on en est toujours au Yieux cliché démodé : « L'agriculture manque de bras. » Le ministre de l'instruction publique a réédité ce cliché à Montflanquin. Mais l'émigration de la campagne vers la Yille est fatale, elle correspond logiquement au déYeloppement de l'industrie et du machinisme. Et n'y a-t-il pas de la part de ceux qui cherchent toutes sortes de moyens pour rattacher le paysan à son sillon une certaine contradiction à favoriser en même temps l'extension des syndicats agricoles, dont le but arnué est de produire à bon marché, de dhelopper la culture scientifique et la mécanique agraire et, par conséquent, de réduire les frais de la main-d'œuvre, partant d'accélérer l'exode des ouvriers agricoles et des propriétaires ouvriers. Et, à ce propos, il nous faut signaler un des côtés de la question qu'on passe sous silence, et pour cause. Que deviendront d'abord ces ouvriers expropriés de leur misérable gagne-pain actuel par l'extension du machinisme agricole? - Ils iront à la Yille. - Mais il n'y a plus place pour eux. Que l'on ne vienne donc pas nous dire que l'agriculture manque de bras. Comme l'industrie, comme le commerce, elle en a trop. Ensuite que deYiendront tous les intermédiaires, courtiers, négociants, etc .... supprimés par l'entente des syndicats agricoles avec les coopératives de consommation? - Leur chute dans le prolétariat socialiste sera irrémédiable .... pour la classe capitaliste. La vérité est dure non seulement pour les Yictimes, mais pour tous ceux qui sont intéressés à la conservatîon de la société actuelle. - Les prétendues réformes bourgeoises, sans lien logique entre elles, ne sont inspirées que par le plus bas intérêt momentané et non par la raison. • Le capitalisme a été la cause de la misérable dépopulation de nos campagnes. Aujourd'hui il sent qu'il y a utilité pour lui à enrayer le recrutement du prolétariat, et il n'_arrive qu'à le précipiter. Tardifs et insuffisants, tous les palliatifs proposés n'empêcheront pas la misère des ouvriers et des petits propriétaires, ni fa transformation des moyens en prolétaires. Biens de familles et crédit agricole
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