La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

5-1-4 LA REVUE SOCIALISTE M. de Rocquigny prétend encore que la coopération ne conduit pas au socialisme par sa guerre au paritisme, par sa distribution du traYail et de la répartition des produits, par sa lutte contre la féodalité commerciale. ous le rc,woyons aux. citoyens Ansccle et Louis Bertrand. L'heureux. rapprochement, qui Yicnt d'être scellé entre les syndicats agricoles et le Comité central coopératif par la création d'une commission mixte composée de dix. membres de chacune de ces grandes fédérations, ne pourra que fayoriscr leur influence et hâter les transformations économiques. La Ycnte des produits agricoles en bénéficiera momentanément, et aussi l'union pour la Yic des producteurs ruraux. et des consommateurs urbains, de la démocratie paysanne et de la démocratie ounière. L'assistance en cas de maladie et de chômage prendra une ex.tension noun:lle ainsi que le crcdit et toutes les œU\TCS de mutualité, et ... d'action décentralisatrice. L'union des syndicats agricoles et des sociétés coopératiYes pourra exercer une influence trcs sérieuse sur la législation et les tarifs des transports, sur la représentation agricole, sur le Yote de la loi coopérati \'c, sur l'assistance publique et l'hygiène dans les campagnes, sur les différents contrats de louage et sur le crédit agricole ... * * * Les propriétaires. ont toujours réclamé le crédit agricole, et les efforts méritoires de M. Méline Yicnncnt seulement d'aboutir. Mais que l'on me pardonne cette ex.pression triviale, nos députés ont enfoncé une porte ouYertc, car les syndicats agricoles aYaicnt résolu la question sans l'aide de personne. Quatre-vingts institutions de crédit agricole fonctionnent ai:;tucllcment; la plupart sont des caisses rurales systéme Raiffcissen, ayant un centre de ralliement a Lyon, et <les tendances à assurer de préférence le crédit aux. possesseurs de Yastcs étendues de terres. L'inoffensive loi votée par la Chambre ne change rien à ces dispositions, n'apprête qu'une apparence de crédit, et prépare de bien amcrcs déceptions. Scion l'heureuse ex.pression de Jaures, cc qui est servi aux. cultivateurs c'est un festin d'Héliogabale. Les Vorsclmss-Verei11e de Schulzc-Dclitsch et les Darlwslwsse de Raiffeisscn en Allemagne, - les Monti Fru111e11/ari d'Italie, - les Posilos d'Espagne ont-ils diminué la misére des campagnes de ces pays? L'on nous vante sur tous les tons les banques rurales d'Allemagne et l'on répète triomphalement qu'aucune fondation Raiffeisscn n'a fait faillite. Mais ces sociétés coopératiYes de crédit, comme l'a trcs bien rappelé Jaurès, ne profitent à peu prés qu'aux. propriétaires de terres

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