542 LA REVUE SOCIALISTE et des petites propriétés, par des encouragements officiels au crédit agricole, aux syndicats agricoles, et à toutes les associations régionales, voire 111ê11a1uex co1111111111es qui e chargeraient de mettre à la disposition des paysans un outillage scientifique. Les réformes préconisées par le Temps et dont la possibilité vient d'apparaitre partiellement au doctrinaire Journal des Débats lui-même, voilà dix ans que les seigneurs terriens de la « Société des Agriculteurs )) et des « Syndicats agricoles )> s'efforcen~ avec succes de les réaliser eux-mêmes sous forme d'associations coopératives de toutes especes, - et cela dans un but avoué de défense sociale contre le collectivisme. * * * Constitués au lendemain de la loi de I 884 sur les syndicats professionnels, les syndicats agricoles sont aujourd'hui tout puissants. Ce sont eux qui ont provoqué les dix mille pétitions sur lesquelles Jaurès s'est appuyé pour réclamer la suppression du pl'incipal de l'impôt foncier. Ils tiennent des congrès retentissants. Celui de cette année avait réuni à Lyon six cents délégués, représentant environ quinze cents syndicats d'agriculteurs. L'esprit d'association, qui a si longtemps fait peur à nos gouvernants, leur semble à présent la seule ressource contre le collectivisme. Le Temps, le Jo,murl des eco11omistes, les Débats, la Sciwce sociale, l'Éco11011,isFlera11çais, la Réforme sociale,l'Association catholique reconnaissent que, par des services antérieurs, l'association professionnelle agricole a combattu préventivement l'infiltration socialiste. Les syndicats agricoles apparaissent comme les agents les plus aptes à combattre la propagande socialiste dans les milieux ruraux. Et, en effet, voici les grands chefs ou les souteneµrs de ces syndicats auxquels le Figaro consacra en septembre dernier un remarquable article intitulé « La Politique sociale des Syndicats agricoles )> : MM. Deuzy, de Rocquigny, Émile Duport, qui ne manquent pas une occasion d'attaquer les socialistes, - M. de Rothschild qu'on a l'esprit de laisser dans l'ombre ; - M. le vicomte d'Hugues; - M. Le Tresor de la Rocque, dont la librairie académique Perier a édité un livre plein de talent contre les socialistes : « Les syndicats agrfcoles et le socialisme agraire i> ; - i\1. Robert, le candidat malheureux de Nogent; - M. Aynard; - M. de Saint-Quentin, le dernier élu orléaniste du calvados; etc ... et enfin M. Kergall, le fougueux directeur de la Démocratie rurale, qui a cru devoir consacrer quelques lignes émues au comte de Paris, et un dithyrambe à M. Casimir-Perier, proclamé le sauveur de l'ordre et de la paix. Sous des dehors démocratiques, ces messieurs ne cherchent pas •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==