LE SOCIALISME AGRAIRE 541 gros mangeurs de droite et de gauche, ils n'ont fait, selon le mot d'un vieux paysan ardennais, qu' « cnYoycr le Putois dans leur colombier». La majorité parlementaire deYicndrait socialiste. Les richesses territoriales s'étant rapidement accumulées aux mains d'un petit nombre d'accapareurs csclaYagistcs, leur expropriation pour cause d'utilité publique se ferait également aYcc tù1c « rapidité électrique ». Le régime collectiYiste serait proche. * * * Fas est ab !Josieàoceri. La cr<\intc du socialisme, qui yicnt de faire aboutir la loi sur le crédit agricole suggérera encore d'autres réformes. Déjà elles sont annoncées. Le monde gouYcrncmcntal se souYient, en effet, des apostrophes enflammées que Jaurès lançait l'hiver dernier aux opportunistes. Notre ami aYait réclamé la suppression du principal de l'impôt foncier, l'emploi des bénéfices de la co1wersion au soulagement de l'agriculture et l'attribution à l'État du mono_pole de l'achat des blés à l'étranger. - La co1wersion était engloutie à l'avance, - et naturellement la République ploutocratique ne pouvait consentir à tarir les sources des richesses de ses entretenus. Quant à l'injustice de l'irnpot foncier, elle était indéniable; on ne la nia pas, mais on promit d'en réformer l'assiette plus tard. M. Poincaré s'y est essayé dans le budget qu'il Ya présenter aux Chambres. Mais, avant tout, il fallait ne pas aYoir l'air de céder aux injonctions socialistes, et la suppression du principal de l'impôt foncier fut rejetée. MM. Jules Roche, Rouvier et Casimir-Perier aYaient préconisé de préférence le dégrèYcment des droits de mutation, et la répartition. sur toutes les contributions des centimes additionnels. Certes nous n'avons rien à objecter contre le degrèvcment ·des droits de mutation, et nous reconnaissons volontiers qu'il serait trés équitable que les centimes pour dépenses locales ne fussent pas supportés exclusiYement par les quatre contributions directes. Cependant rien n'a été fait. Et la promesse faite par le gouvernement à Camille Pelletan d'obtenir la diminution du prix de transport des engrais n'a pas été tenue. Ces dégrèvements auront-ils finalement lieu? Peut-être, car le Temps dit q.ue « les dégrèvements fonciers, très profitables à ceux qui font valoir de grands domaines, ne procurent aux petits propriétaires qu'un soulagement insignifiant et presque dérisoire ». Il adYiendra du dégrèvement foncier ce qu'il est advenu du protectionnisme, lequel a principalement profité à quelques gros agriculteurs et faiseurs d'affaire:,. Aussi, à la suite du congrès de Nantes, le Temps s-'est-il décidé à préco11iser la protection des vrais culi:iYateurs
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