La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

528 LA REVUE SOCIALISTE dernier on rossait les propagandistes, compte maintenant un groupe affilié au Parti ouYricr. Dans toutes les communes des enYirons de Bruxelles, on a constaté, le 14 octobre dernier, l'existence d'un noyau de paysans socialistes, et, dans les campagnes qui aYoisincnt la région industrielle, beaucoup de Yillages, traYaillés par des infiltrations ounièrcs, nous ont donne la majorité. En même temps que nos propagandistes parcouraient la campagne, la propagande allait son train dans les centres industriels. Je connais tel arrondissement où, le 111è111e jour, on organisa cinquan·tctrois meetings. Presque partout la majorité des nouYcaux électeurs assistait à la conférence et l'un des meilleurs som·enirs de cette longue campagne, c'est l'hcroïquc enthousiasme qui eclatait dans ces réunions. Je me souYiens d'un soir, au pays charbonnier. L'obscurité était Ycnuc. Plus de quatre mille hommes se pressaient dans l'ombre, sur la place des Écoles. Au moment de \'Oter l'ordre du jour qui, traditionnellement, terminait nos meetings, je proposai à chacun des assistants de frotter une allumette. Au signal donné, des milliers de lucioles bleuCltrcs Yoltigèrcnt sur la foule, éclatercnt en lueurs joyeuses et illu-. minèrent splendidement l'immense place, tandis que, d'une seule Yoix, tous les assistants entonnaient la 1'1nrseillnise. Pendant cc temps, les partis bourgeois se disputaient entre eux, sans se prèoccuper outre mesure de l'adYcrsairc socialiste. Aussi les résultats du q octobre éclatèrent en coups de foudre : les candidats du gouYernement en ballottage dans la moitié des arrondissements ou définitiYement blncl.-bo11lés par des libéraux ou des socia- ~ listes; Yictoire socialiste à- i\[ons ; 30,000 ,·oix de majorité rclatiYe à Liège; 25,000 Yoix à Charleroy; ballottages farnrablcs au Parti ounier à \' erYiers et à Soignies; bref, la \Vallonie, radicale ou socialiste, tenant en échec les Flandres clericalcs, et le sort du ministère dépendant du résultat final de Bruxelles, où les partis d'opposition a;;aient ensemble plus de rnix que la liste catholique. Hypnotisés par l'espoir de rc1wcrscr le ministérc, les politiciens libcraux, un instant oublieux de leurs intérêts de classe, donnèrent à leurs partisans le mot d'ordre de: YOtcr pour les socialistes, ou plutàt, contre les cléricaux. De son càté, le conseil général du Parti ounicr résolut d'appuyer, au second tour, les candidats qui se prononceraient, par écrit, en fayeur du suffrage uni\'ersel pur et simple, dans les clcctions communales. Étant donné que la plupart des libéraux. prirent cet engagement et que, d'autre part, socialistes et libéraux réunis aYaicnt plus de Yoix que les catholiques dans les ballottages, il semblait que le sort

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