LES ÉLECTIONS Dl BELGIQUE lement à Bruxelles, mais même en province, en dépit des espérances et des efforts de ses meneurs. Il Ya sans dire que les socialistes, malgré les incontestables difficultés de la lutte, avaient trop de confiance dans la force de leur organisation pour s'émouYoir de ces prophéties. Cent quatre mille affiliés au Parti; des ressources abondantes\ fournies par les grandes coopératives socialistes; trois journaux quotidiens : le Vooruit, le Peuple et l' Ecbodtt Peuple, tirant à plus de cin- . quànte mille; une population industrielle extraordinairement dense, remuée jusqu'aux entrailles par dix ans, et plus, d'incessante propagande; c'étaient là des éléments de succcs dont il fallait être aveugle pour méconnaitre l'importance. Ajoutez-y un effort surhumain pendant les derniers mois qui précédérent les élections. La Féderation bruxelloise, a l'ouverture de la campagne, publia d'abord douze brochures de propagande théorique, à dix centimes et à dix mille exemplaires chacune. Elles s'enlevcrent comme du pain. Plusieurs d'entre elles, et notamment les brochures relatives à la question agricole, eurent deux et trois éditions. On édita ensuite deux millions de brochures à deux centimes (huit pages), s'adressant aux diffcrentes catégories de travailleurs. Chacune des grandes corporations - ouvriers du Yêtement, houillcurs, carriers, ouvriers du bâtiment, industrie textile, employés de l'État, instituteurs, etc., - chacune de ces corporations, dis-je, eut sa brochure spéciale, dont le tirage avait été calculé d'aprcs le recensement professionnel de 1890. Dans certaines villes, et notamment à Bruxelles, la distribution gratuite de ces brochures, achetées en bloc par les fédérations locales, fut organisée aYec une perfection telle que chaque travailleur eut en mains la brochure se rapportant plus spécialement à sa profession. Deux groupes de brochures s'adressaient aux ouvriers catholiques et aux paysans. 'Pour répandre ces dernières dans tous les villages, on eut recours a un moyen assez original. Tous les dimanches, à six heures du matin, un peloton de vingt à vingt-cinq bicyclistes quittait Bruxelles, ou d'autres villes, pour arriver dans les communes rurales à l'heure de la première messe:!. On distribuait aux paysans des brochures socialistes et des con rocations au meeting qui devait avoir lieu à l'issue de la grand'messe. A l'heure dite, le prêcheur socialiste s'installait à l'entrée de l'église et, juché sur une chaise, exposait aux paysans le programme du Parti ouvrier. Les résultats de cette pr:)pagande - interrompue parfois à coups de bâton - ont néanmoins été très satisfaisants. Tel village, oü l'an
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