526 LA REVUE SOCIALISTE tionnels qui s'étaient jusqu'a présent partagé notre pays. Pareille coalition, entre des éléments séparés par d'irréductibles antagonismes de classe, n'était possible, q"u'en rejetant a l'arriére-plai1 les questions sociales, au prpfit de la seule question cléricale. Le Parti ounier fut unanime a rejeter la triple alliance. Les radicau:..., obéi·ssant à leurs affinités naturelles, se précipitérent dans les bras des conservateurs et ainsi se trouva confirmée, une fois de plus, par la méthode expérimentale, l'inanité de la politique des alliances. L'oJ?position au gouvernement se trouva donc divisée en deux fractions résolument hostiles, cotre lesquelles oscillaient quelques radicaux dés~mparés, comme ces petits bonshommes de sureau qui vont d'un pôle a l'autre d'une pile électrique. . Pendant cc temps, l'ancien parti catholique subissait également le contre-coup de l'antagonisme des classes. Les patrons et tuteurs des sociétés ouHieres catholiques, qui se sont formées depuis quelques années dans les centres industriels, réclamerent pour le4rs protégés - et pour eux - une ·petite place au soleil. Et, comme les catholiques gouvernementaux faisaient la sourde oreille, les démocrates chrétiens manifestèrent l'intention de se consti- . tuer en parti distinct. Tout s'arrangea cependant, grâce à la puissante intercession des autorités religieuses. On jeta un os a ronger aux ouniers catholiques, et surtout a leurs chefs, et, sauf a Alost, ou les frères ennemis de la réaction cléricale se livrèrent une âpre et furieuse bataille, le parti du gouvernement marcha au combat, étroitement uni, du moins en apparence. Le Parti ounicr avait donc a combattre les deux anciens partis, renforcés par des éléments nouveaux : le parti libéral, grossi des radicaux; le parti ,::atholiquc, augmenté des démocrates chrétiens. Dans les milieux bourgeois, tous les pronostics étaient en faveur du gouvernement clérical. Les libéraux, cependant, se flattaient de gagner du terrain, voire même de renverser le ministère, un idéal auquel aspire tout libéral digne de cc nom. Quant aux socialistes, tous les politiciens étaient unanimement d'accord pour affirmer qu'ils constituaient une quantité négligeable, un état-major sans soldats, dont la morgue insolente ne parvenait pas a dissimuler la pitoyable faiblesse. Au lendemain du jour ou le Parti ouvrier repoussa dédaigneusement les mandats et l'alliance que lui offraient les Libéraux-V nis, de Bruxelles, l'Indépendancebelge s'exprimait en ces termes :· Il ne faudrait pas s'exagérer les forces électorales du Parti ·ouvrier. Il a une organisation, une discipline et _c'est beaucoup. Mais le nombre, dont il se targue, est précisément son côté faible. Il s'en apercevra bientôt, non seu-
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