La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

520 LA REVUE SOCIALISTE de l'homme, c'est-à-dire qu'elle ait des droits égaux avec des fonctions diYcrscs. \'ous rêYez un avenir où elle ne sera plus marchandée comme une picce de bétail; oü la chasse à la dot ne sera plus qu'un souvenir des âges barbares; oü le mariage d'intérêt, le mariage-affaire aura disparu pour le bien de l'cspcce comme pour celui des indiYidus; oü l'union intime de deux êtres humains aura cessé d'être l'alliance de deux fortunes ou de deux situations pour devenir cc qu'elle dcnait toujours être, un choix détcnniné par une attraction mutuelle, la fusion harmonieuse de deux personnalités qui se complétcnt. Oui, n'est-cc pas, Yous rêYcz cela ou quelque chose de semblable; mais je dois \'0US apprendre qu'en cc faisant, Mesdames, Y0US êtes socialistes sans le saYoir, puisque cela ne peut se produire sans un changement profond de notre organisation cconomique, cause de la honteuse intrusion de l'argent dans l'amour. Vous avez encore d'autres soucis, d'autres tristesses. La guerre est toujours la, prête à dévorer la chair de votre chair, à \'Ons Yoler et à vous tuer ,·os enfants. Oh ! si vous pouviez la bannir de la terre, cette mangeuse d'hommes que ,·ous détestez! Mais vous demeurez devant elle résignées, inertes, comme devant un fléau de la nature. Vou_s Yous bornez à préparer de la charpie et des secours pour les blessés futurs; vous ne songez qu'à étancher le sang qui sera versé. C'est peu, trop peu. N'y aurait-il pas mieux à faire, Mesdames? Est-ce qu'ils ne dnraient pas vous avoir pour alliées infatigables et dévouées, ceux qui prêchent la paix et la fraternité des peuples, qui estiment qu'on peut aimer sa patrie sans haïr celle du voisin, qui, en dépit des injures et des calomnies, tendent de toutes leurs forces à remplacer les querelles sanglantes entre natior~s par l'épanouissement de la solidarité. humaine? En Yérité, qne vous pensiez aux autres ou à \'Ons-mêmes, à vos sœurs malheureuses oq à vos enfants, Mesdames de la classe aisée, les raisons abondent de Yous intéresser à la question sociale; disons plus, les raisons abondent de ,·ous associer à l'œune de ceux qui s'efforcent de la résoudre. * * * Qu'y pouvons-nous, direz-vous peut-être ? Beaucoup plus que vous ne pensez, assurément. Je ne vous demande pas de vous jeter dans la bagarre politique, de quitter Y0Sfamilles pour courir les assemblees et y colporter des discours. Je ne suis pas sûr que la chose fut trés utile et je suis certain qu'elle Y0USserait fort déplaisante. • Je ne vous demande pas même de vous plonger dans les gros

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==