CONGRÈS SOCIALISTES La Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs ouvriers de 'France, Par l'organe de ses délégués présents au sixiéme Congrès national de _ Nantes, Déclare: Considérant que les grèves ne sont que des faits résultant fatalement des antagonismes créés par le régime capitaliste entre employeurs et employés ; Que ces faits étant en dehors des volontés, il n'y a qu'à les constater èt à les subir, la grève étant d'ailleurs l'unique moyen qui soit actuellement à la disposition de la classe ouvrière pour résister aux excès de l'exploitation patronale; Que le -seul rôle des travailleurs, lorsque la grève éclate, est de faciliter à ceux qui y sont engagés le plus de succès et le moins de défaites possible; Considérant que si, étant données les faibles ressources des travailleurs, l'organisation efficace des grèves présente des difficultés et des dangers considérables, ces difficultés et ces dangers augmentent à mesure que la cessation concertée du travail devient plus étendue, nécessitant une plus grande somme d'efforts intellectuels et matériels, de moyens et de solidarité: Que, d'autre part, si la défaite d'une grève laisse après elle parmi les travailleurs, en même temps que des misères, le découragement et la désorganisation, ces conséquences sont d'autant plus désastreuses que la défaite s'est produite sur une plus grande étendue, accusant d'une façon toujours plus retentissante l'impuissance économique de la classe ouvrière en face de la classe patronale et capitaliste ; Considérant, d'ailleurs, que les grèves partielles, même plus ou moins généralisées, ont toujours un objectif spécial déterminé, entraînant les travailleurs vers un but précis et tangible, d'une compréhension facile et d'une réalisation possible; Que cet entraînement devient d'autant plus improbable que l'objectif de la grève est moins spécial et déterminé, le but moins précis et tangible, d'une compréhension moins facile et d'une réalisation moins possible. Considérant : Qu'il est. souhaitable et nécessaire, pour arriver à l'affranchissement de plus en plus prochain de la classe ouvrière, de provoque·r et de consolider de •plus en plus l'organisation corporative des travailleurs en évitant avec soin toutes les causes d'éloignement, de découragement et de désorganisation, et par conséquent en p'usant du moyen de la grève qu'avec prudence et intelligence ; Considérant· en outre que cet affranchissement du prolétariat ne saurait être atteint d'une façon efficace, durable et définitive, tant que ses diverses fractions - ouvrières et agricoles, manuelles et intellectuelles - ne seront pas unies et solidarisées dans une action commune ; Qu'à ce point de vue seul, l'idée et la poursuite de la grève générale de tous les travailleurs cessant le travail à la fois, - ce qu'on a appelé la « grève universelle des bras croisés », - en vue d'un but aussi vague et aussi diver-
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