LA REVUE SOCIALISTE sement envisagé que celui de forcer la classe capitaliste à capituler deYant la Révolution sociale, ne saurait que creuser un double fossé : d'une part, entre les ouvriers divisés en partisans et en non-partisans de la grève générale; d'autre part, entre le prolétariat des villes et le prolétariat des campagnes; ce dernier, au lieu d'être attiré, se trouverait effrayé et peut-être irrémédiablement éloigné par une idée et une entreprise qu'il est le moins préparé à comprendre et à réaliser. Attendu: Que le résultat Je plus certain d'une campagne de propagande faite, comme on Je propose, autour de la grève générale, serait de lancer et d'épuiser les militants du mouvement ouvrier dans une guerre énervante de fractions politiques ennemies, à la plus grande joie et au plus grand profit de la classe capitaliste. Pour ces motifs : Les soussignés, conscients de l'œuvre que poursuit avec persévérance et résolution, mais avec méthode, la Fédération nationale des syndicats et groupes corporatifs ouvriers de France, dont le passé glorieux répond de l'avenir; Condamnent absolument cette campagne qu'on leur propose, et dont ils entendent laisser l'entière responsabilité à ses auteurs. A cette déclara~ion, le citoyen Briand répondit par celle-ci : Considérant que le principe de la grève géncrale a été voté au congrès de Marseille par la majorité des délégués de la Fédération des syndicats, lesquels viennent aujourd'hui - deux ans après - combattre une résolution à laquelle ils s'étaient associés, sans apporter d'arguments susceptibles de justifier leur changement d'opinion ; Considérant que les partis socialistes politiques ont, les premiers, semé dans l'esprit des travailleurs l'idée de grève générale en préconisant le chômage universel à une date déterminée, le 1er mai; Déclare <ju'il y a lieu, par une propagande active, de préparer la gréve générale afin de mettre les travailleurs à même de lutter efficacement contre leurs oppresseurs, si ces d.ernicrs les y poussent en essayant de porter atteinte aux libertés publiques et syndicales, qui sont les seules garanties de l'émancipation complète du travail. Après le Yot~ favorable à cette motion du citoyen Briand, il fallut procéder a l'organisation de l'agitation en fayeur de la grèYe générale. Voici les résolutions adoptées : Le Congrès, considérant qu'il est nécessaire de maintenir l'action ouvrière corporative sur le terrain économique et, dans cc but, d'organiser les associations en vue d'une grève générale, Propose: 1 ° Il est nommé un Comité de la grève générale qui sera composé de onze membres, renouvelables à chaque Congrès national des Syndicats ouniers. Cc Comité constituera lui-même son bureau; 2° Les membres seront successivement à la disposition des organisations ouvrières pour tous les besoins de la propagande;
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