LA RE\'C'E SOCIA!.ISTE Élohim, leurs maîtres et les seigneurs de l'Éden. Il n'y a qu'une telle supposition qui permette de donner un sens aux paroles que IahvéÉlohim adresse au Serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta semence et la semence de la femme » ( ch. III, § r 5), c'est-àdire je soufflerai la guerre e_ntre \"OS deux clans. Durant la captiYité d'Egypte, des israélites ont dù souYent être sévéremcnt châtiés pour avoir touché à des fruits tabou<'.:s par les prêtres égyptiens et réscrYés a leurs maîtres; quclques-u_ns ont dû être mis à mort, ainsi que le promettait la menace de Ialwé-Elohim à Adam (ch. III,§ 3); d'autres, en guise de châtiment, ainsi que cela se pratiquait à Rome, ont dû être retirés des jardins de plaisance, oü le traYail était relativement léger, et cnYoyés dans les fermes, oü il était autrement pénible. Aussi IahYé-Élohim dit à Adam : « Tu mangeras des fruits par le traYail de tous les jours de ta vie ; la terre te produira des épines et des chardons et tu mangeras l'herbe des champs; tu mangeras le pain a la sueur de ton Yisage » (ch. III,§§ 17, 18 et 19). Sans doute une ou plusieurs de ces anecdotes de la capti,·ité ont scrYi à former le noyau du mythe autour duquel se sont groupés les autres détails : cc qui porterait à le supposer, ce sont les expressions abstraites de science du bien et du mal, qui appartiennent plutôt à des prêtres égyptiens qu'a des sémites barbares. * * * Le mythe de la désobéissance et de la chute peut être d'une extrême importance, au point de yuc religieux, pour expliquer l'origine des miseres humaines, ainsi que celui de Cam, qui en est une répétition, pour autoriser l'esclavage d'une race; mais au point de ;-uc historique, sa valeur est infürieure à celle de certains détails qui ont moins attiré l'attention. Le Yerset 24 du chapitre II dit : « L'homme laissera son pérc et sa mere et se joindra à sa femme », ce n'est donc pas la femme qui abandonne ses parents pour aller Yine dans la demeure de son mari ; elle ne se prosterne pas deYant lui comme Ruth et ne dit pas « oü tu iras, j'irai, ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu. » La femme ne dépendait pas encore de l'homme. Mais le Yersct 16 du .:hapitre III dénonce la transformation qui n s'accomplir dans la situation de la femme au sein de la famille; IahY<'.:-Élohiml'aYcrtit que dorénavant « ses désirs se rapporteront a son mari et qu'il dominera sur clic », c'est-à-dire que l'homme sera le chef de la communaute familiale. Ces deux versets, quoique réunis dans un même récit, marquent deux périodes successiYcs de l'éYolution de la famille. Bachofcn, en
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