La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

' REVUE DE l.A PRESSE ÉTRANGÈRE an. L'ouvrier des mines de soufre - industrie où le travail humain prévaut - est donc réduit au salaire de famine. De cette brève exposition des conditions d'une telle industrie, il résulte que, tandis que les ouvriers et les fermiers voient les uns tomber leur salaire au minimum, les autres se traduire en perte les profits espérés, le gouvernement et les propriétaires persistent à ne prendre nul souci de cette persistante dépression et continuent à pr.élever inévitablement l'un environ 5,000,000 par an d'impôts indirects de toute sorte, compris le droit d'exportation, les autres à peu prés 22 •;. du produit brut. Le professeur Giuseppe Sah·ioli termine l'étude qu'il consacre à « la question des huit heures de travail en Europe en 1893-94 », par cette conclusion, où il met en relief les différences de point de vue où se placent sur cc sujet l'Angleterre et l'Amérique d'une part, l'Italie de l'autre : Il est facile d'étre prophète et de prédire que, l'année qui vient, nous aurons à noter des progrès de plus en plus grands de l'idée des huit heures en Angle- ·terre et en Amérique. Par contre, en Italie, où la journée de travail est encore de douze et quatorze heures, la question conservera son car.actére théorique. Là où la journée moyenne est réduite à neuf et dix heures, on ne parle plus que d'application plus ou moins immédiate. En Autriche, en Italie, les huit heures gardent, aux yeux des partis bourgeois, leur vernis socialiste; en Angleterre, en Amérique, cela se discute couramment, ni plus ni moins que le protectionisme et le libre-échange, le bimétallisme et lé monométallisme, les divers genres d'impôt. Là, la question est d'ordre tout pratique, et, puisque l'expérience est en faveur des huit heures, nul doute qu'à bref délai, mœurs, lois, intérêts ne s'accordent à implanter la réforme. Dans le c, Communisme agraire et les tribus du Caucase » le professeur Massinco Kovalenski, de Moscou, apporte une nouvelle monographie à la masse de documents réunis, par E. de Laveley, dans ses cc formes primitives de la· propriété » et _par Ch. Letourneau dans c, !'Évolution de la propriété ». , On trouve aujourd'hui encore, chez les Circassiens et les Cabardiens, l'existence d'une propriété collectiYe de la tribu et de la communauté, et un mode d'administration de la terre qui a tous les caractères de la propriété primitive, et, •pourtant, on n'y trou\·e nulle trace de répartition périodique renouvelée à époques fixes. Aux environs de Tchetchen et d'Ingoush, l'existence de la propriété familiale éloigne toute idée de répartition. Nous ne trouvons cette répartition que dans les plaines de la Géorgie. Ainsi, en ce qui touche la question de la répartition périodique, les données recueillies sur le Caucase fournissent une nouvelle confirmation à l'hypothèse résultant .de l'ethnographie comparée. L'ethnographie comparée, comme nous l'avons depuis longtemps mis en lumiére, montre qu'aux premiers degrés de la société, au lieu de la communauté des villages avec la répartition périodique des terres, on trouve la communauté familiale de tribu, laquelle ne connaît pas, en fait, cette répartition et pratique un communisme plus ou moins complet, non seulement en ce qui regarde la production, mais en ce qui regarde la consommation.

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