La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE autre fait, non moins connu par expérience, et qui n'est qu'une conséquence llu premier : que l'inégale distribution de la richesse tend de plus en plus à mettre les articles d'une qualité supérieure hors des prises de la masse, à produire et perpétuer une oligarchie de fins consommateurs qu'aucune ciYilisation n'a encore connue, et à réduire tout le reste, la majorité de la nation, à la portion congrue, c'est-àdire aux déchets de la production. Marx, dans son « Capital >>,aYait déjà mis en vive lumiere cette conséquence inéYitablc de la liberté économique : charcuterie de détritus et eau-de-vie de grain d'une part, filet de choix et chan~pagne de marque de l'autre. La Rifor111asociale d'anil-mai-juin contient:« Socialisme chrétien et coopération en Angleterre », de M. Kaufmann, « Organisation commerciale d'Hambourg », de Emilio Lepetit, « le Communisme agraire et les tribus du Caucase », de Massimo Kovalc-wski, « !'Économie politique, théorie et méthode », de G. Schmoller, << sur la taxe militaire», « Premier mai» de Francesco S. Nitti, « la dépense d'habitation comme indice du revenu », de Riccardo della Volta, « la cotroverse douanicre italo-suisse », de Francesco Lanza, « la réforme forestière en Italie », de Max \Virth, « libre échange et protectionnisme », d'Alfred Naquet, « le Prétendu droit naturel de propriété>>, de David S. Ritchie, « les origines de la doctrine Saint-Simonienne », de G. \Veill, « l'industrie du soufre en Sicile », de Napoleone Colajanni, « l'association pour la liberté économique », de Francesco S. Nitti, « les huit heures de trayail en Europe», de Giuseppe Salvioli, « le protectionisme intellectuel, de Francesco S. 1itti, « sur le paiement des salaires en Italie », d'Augusta Graziani, « le nouYeau projet sur les assurances », de Federico Flora, « une économie sur le budget de la guerre », de P .-F. Casaretto. La Rifor111asociale est, comme on le voit, internationale. On choisira de préférence les articles italiens sur des questions italiennes, sans négliger les contributions allemandes, anglaises, russes, danoises et américaines, mettant seulement de cote les auteurs français comme A. Naquet et G. ·weill, qui ne rentrent pas dans le cadre de cette Revue. Dans « l'industrie du soufre en Sicile» le Dr N. Colajanni donne la statistique des sulfatares et des ouvriers employés à l'exploitation. Il tire de son etude les conclusions suivantes : En Sicile, le propriétaire de la superficie du sol est aussi sans condition le propriétaire du sous-sol. II y a peu de propriétaires de mines qui les exploitent eux-mêmes. Ils les donnent à ferme, sans risque ni sacrifice, pour une durée de six à douze ans contre un prix de fermage qui varie de I 5 à 40 °/•. la moyenne du salaire pour une journée de travail fut, en 189c,, de 1 fr. 78; il faut tenir compte de ce fait que les ouvriers des puits ne travaillent que deux cent dix-sept jours et ceux de l'extfaieur cent soixante-un jours par

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