La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

450 LA REVUESOCIALISTE A Charles. Ce petit-là n'est'pas né sou·s une bonne étoile. En l'embrassant : Ce n'est pas comme toi, mon amour? CHARLES.- Dame ! tout le monde ne peut pas être riche, n'est-ce pas, maman ? Mme DE GAUGE.- Naturellement. En souriant. Si tout le monde était riche, je ne trouverais plus personne pour servir mon Charlot! M. DE GAUGE, lisant. - Allons! bon ! Yoilà le journal qui annonce une souscription pour élever une statue en l'honneur de l'amiral Dardct. J'en suis pour mes cent francs. Mme DE GAUGE.- Tant que cela? M. DE GAUGE.- La souscription est publique : je ne veux pas avoir l'air d'un pingre ? Entre Philippe tout haletant, poursuivi par le domestique. PHILIPPE. - Monsieur! Madame! je veux vous parler! LE DOMESTIQUE, le pre11a11ptar l'oreille. - \'iens avec moi, gamin? Mme DE GAUGE.- Lâchez cet enfant. Qu'est-ce qu'il y a ? LE DOMESTIQUE-. Il y a qu'il a refusé les cent sous et le dîner, et qu'il s'est mis à courir jusqu'ici en pleurnichant. Mme DE GAUGE, au domestique. - Sortez un instant. A Philippe. Qu'est-ce que tu veux nous dire, petit? PHILIPPE. - Madame! Monsieur! Je vous en prie! donnez-moi cent francs pour maman Breuil ! A Charles. Priez votre papa et votre maman de me donner cent francs! CHARLES-. Je ne veux pas que vous me parliez, vous ! Mme DE GAUGE.- Pourquoi faire, ces cent francs? PHILIPPE. - Panne maman Breuil est bien malade, madame. Elle les demande pour moi. Mais je veux lui acheter de bonnes choses à manger, une couYerture, payer un médecin. Tout ça sans l'avertir. Vite! vite! M. DE GAUGE.- Le gaillard a de l'aplomb! Mme DE GAUGE.- Mon petit garçon, nous ne pouvons pas. PHILIPPE, frappant d11pied et crispant lespoi11gs. - \'ous ne pouvez pas? et cc porte-monnaie est plein d'argent, j'en suis sùr !

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