La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LAREVUESOCIALISTE macien. - Vous ne voyez pas qu'il a rendu sa cuiller? - Comment qu't'en es sûr? - Tâte-lui l'cœur. - Ah ! v'là un médecin qui s'amcne. La foule s'ouvre devant lui. Silence. LE MÉDECIN se pe11cbet se relève. - Cet hornme est mort. UNE FEMME cria11t. - Laissez-moi passer ! Elle regarde le cadavre. Je le connais. Ah! le malheureux! Il deYait finir aussi mal! Il YOtilaitse tuer! Figurez-vous que depuis quinze jours que sa femme est morte, il boit de l'eau-de-vie à pleins verres ! UN'VOISIN. .---Moi, madame Breuil, je lui en ai vu boire au moins un demi-litre. UN AUTRE-. Dans ]'caboulot d'a côté, pas Yrai? UN AUTRE-. Et il rentrait bien vite chez lui pour se cacher. Mme BREUIL.- Mais pourquoi a-t-il emmené aujourd'hui son enfant? PHILIPPE, sa11glot1111t. -- Papa, je veux que tu me parles! MmeBREUIL.- Paune petit, qu'est-ce qu'il va devenir? ous demeurons porte à porte. Il était presque toujours chez moi. Tout bas. Son pcre ne s'inquiétait pas beaucoup de lui! UN YOISIN-. C'est pas tout ça. Montons-le dans sa chambre. PLUSIEURSVOIX.- Oui! Oui! PHILIPPE, toujours sa11glota,if. - Papa ! je veux que tu m'embrasses! . Mme BREUIL, pre11a11l'te11fa11dtans ses bras. - Viens, paune chérubin! Salle à manger chez les Gaugc. La famille se lève de table. UN DOMESTIQUE enlra11t. - M:;dame, un enfant apporte cette lettre. Il attend la réponse. Le domestique sort. MmeDE GAUGE, lisa11/tout bau/. - « Madame, je suis la Yeuve Breuil. Marthe, la mère de Philippe, a été, paraît-il, la nourrice de Yotre fils. Excusez-moi si je n'ai pas reçu d'instruction. i\!ais YOus pom'ez vous informer dans mon quartier: on m'y connaît comme une honnête femme. Pour lors, je ne sais pas si vous saYez que Philippe a perdu Pierre Bounet, son pcre, quinze jours après sa mcre ».

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