La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

LARE\"UESOCIALISTE MARTHE-. Mais, malheureux, ils verront que ce n'est pas leur fils ! PIERRE.- Comment? ils se ressemblent assez. Un fils de deux mois? Et il y a un mois qu'ils sont partis. J'ai déja changé les langes. Restent ]a cuisinière, le domestique ? Combien de fois l'ont-ils regardé? li marche vers le berceau. MARTHE, le relwa11t. - Je ne veux pas ! Donne-moi mon fils! On entend le bruit d'une voiture. Marthe court vers la fenêtre. La Yoiture s'arrête. C'est M. et Mmede Gaugc ! Sauve-toi, Pierre! Elle se retourne et l'aperçoit qui disparait par le perron. Elle va au berceau et pousse un cri étouffé. Ah ! c'est mon Philippe ! mon fils ! Entrent M. et Mmede Gauge par une porte latérale. MmeDE GAUGE court vers le berceau. - Mon fils! MARTHE-. e l'éveillez pas, madame, il dort. Mme DE GAUGE.- Mon Charles ! comme son doux visage est rose! M. DE GAUGE-. Combien il est grandi ! MmeDE GAUGE, a A1arl!Je. - Vous m'avez remplacée pe0ndant cc voyage que je n'ai pu éviter. Merci! Je n'oublierai pas YOS bons soins, Marthe! II Le soir. Taudis éclairé par une veilleuse. Marthe couchée sur un grabat. Enfant éttndu par terre sur un matelas. MARTHE, a Pierre q11i•entre. - As-tu gagné quelque chose? PIERRE.- Non, dccidémcnt on me trouve trop patraque. Un de mes anciens patrons m'a ri au nez. Il m'a demandé si je prenais sa maison pour un hospice. C'est vrai que je ne marque pas bien. Tiens, mange un morceau. Le boulanger m'a fait crédit encore de deux liwcs de pain. • MARTHE.- Je me sens trop mal. Je n'ai pas faim. Mais toi, mange. PIERRE.- Je n'ai pas faim non plus. Cependant, il faut que j'essaye, par raison. li mange quelques bouchées. MARTHE-. N'oublie pas le petit. PIERRE.- Leur louveteau !

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