La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

4-1-2 LA REVUE SOCIALISTE un nom gui soit pris hors de la petite chapelle de l'économie politique orthodoxe. Il existera bien, plus tard, un Grand Conseil de soixante membres, qui aura pour fonction de veiller à la bonne marche de la société; mais ce Grand Conseil sera nommé tout entier par les présidents d'honneur et par les membres du Comité de direction. La garantie d'indépendance est mince, il faut en conYenir. Les statuts présentés au Conseil d'État préYoyaient, il est vrai, qu'un petit nombre de membres du Grand Conseil (une dizaine environ) dcnaicnt être choisis parmi des ouniers affiliés aux syndicats ou ayant donné un concours actif à des œunes sociales. Mais les statuts revenus du Conseil d'État ne font plus mention de cette réserve, si bien que les ouniers pourraient être totalement absents de cette société destinée à faire connaître et à encourager tout cc qui peut améliorer leur sort. Il n'y a pas même chance pour que l'esprit de ce Grand Conseil soit transformé et rajeuni par des élections futures. Car, s'il doit se renounlcr par tiers, les membres sortants sont rééligibles et les membres nouYeaux sont, comme à l'Académie, choisis par les anciens. Ajouterai-je que cc Grand Conseil, qui se réunira deux fois par an, ne pourra délibérer que sur les propositions à lui soumises par le Comité de direction •et ne pourra même, en cas de vacance, nommer un membre du Comité directeur que sur la présentation des autres. Dans de telles conditions, il serait audacieux de rêYer un élargissement des corps fermés qui seront chargés de l'administration et du contrôle de la société. Est-ce à dire que nous considérions dés maintenant comme inutile et illusoire la fondation du Museesocial? Non, nous croyons sage et juste de l'attendre à l'œuvre, et il ne doit s'ouvrir gue le rcr janYier 1895. Il ne nous en coûte point de lui faire crédit de quelques mois et de lui souhaiter, .en attendant, bon succcs. Nous estimons qu'en tout état de cause il pourra rendre des services, comme bureau de renseignements à l'usage de tout le monde et comme laboratoire de philanthropie à l'usage de la classe dirigeante. C'est quelque chose; mais on ctait en droit d'esp6rer daYantagc de la Yaillante initiative de M. de Chambrun. Nous ne pouvons pas mieux lui prouYer notre estime qu'en lui exposant franchement nos inquictudes désint6ressées. C'est pourquoi, en signalant à nos lecteurs la création du 1\lfuséesocial, nous croyons deYoir signaler aussi à l'honorable fondateur, s'il en est temps encore, des Yices de construction capables de réduire singuliérement la valeur d'un établissement qui aurait pu être le noyau d'un institut sociologique vraiment large, indépendant et fécond. GEORGES RENARD.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==