La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

UN MUSÉE SOCIAL 4.. p gens de talent et de bonne volonté; de concours qui seraient organisés sur des sujets spéciaux et récompensés par des prix et des médailles. 3° Enfin, des publications feront connaitre les traYaux ainsi suscités et un organe hebdomadaire, intitulé le kfusée social, centralisera les informations qui pourront Ycnir de tous les pays du monde. Nous ne croyons pas commettre une indiscrction en disant que la direction de cc pcriodique sera confiée à notre confrère Dick May, une romancière de grand mérite. \'oil:\ bien des éléments intéressants. Mais une institution ne Yaut pas seulement par la richesse des bâtiments qui l'abritent ou des dotations qui assurent son existence; clic Yaut aussi et surtout par l'esprit qui l'anime, par les hommes qui la dirigent. C'est sur ces deux points (faut-il le dire?) que nous conccYons quelques doutes, quelques craintes assez légitimes. L:t sincérité de M. de Chambrun et son désir de bien faire sont hors de conteste. Seulement, pourquoi <lire dans l'article 1er des statuts qu'on s'interdira toute discussion politique et écrire au ministre, dans la lettre qui demande la reconnaissance de la société naissante comme etablisscmcnt <l'utilité publique, que l'on se bornera :\exposer« les admirables résultats obtenus par l'initiatiYc pri\'ee ». 'est-cc pas L't une affirmation de principe politique? 'est-cc pas rétrecir le Yastc champ de l'économie sociale et proscrire bon nombre d'œuwcs (telles que celle de !'Assurance obligatoire) qui, pour aYoir été patronnées et recommandées par des gouYernements, n'en méritent pas moins de figurer dans un musée <le ce genre? M. Cheysson, l'un des \'icc-prési<lcnts <le la societé, dans une communication qu'il a faite au Congn:s des sociétés cooperatiYcs de consommation tenu à Lyon, an mois d'aoùt dernier, a déclare que, sans ~tre un fanatique du nihilisme gouYcrncmcntal, il blâmait l'introduction de l'obligation légale dans la loi qui règle les retraites des OU\'ricrs mineurs. 1 ous sommes donc dùmcnt aYcrtis. L'institution nouYcllc est conçue dans un esprit hostile à l'intcrYcntion de l'État en matiérc économique, à la modification des lois et coutumes qui régissent la propriété. Cela nous inquictc pour le choix des conférenciers qui seront appelés et des jeunes gens qui seront em·oyés en mission. Cela paraît exclure socialistes et radicaux-socialistes. Nous aurions souhaite plus de large~r. D'autre part, le passe des hommes que M. de Chambrun a choisis pour collaborateurs augmente notre défiance. A côté de lui, nous trouvons comme présidents d'honneur MM. Jules Simon et Lean Say, qu'il suffit de nommer. Parmi les membres du Comité de direction, nous voyons MM. J. Siegfried, E. Boutmy, Albert Gigot, etc. Pas

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