LA REYUE SOCIALISTE en proportion de son activité sociale ; la mauYaise répartition du sang provoque des troubles pathologiques comme l'inégale distribution des richesses suscite les luttes et les crises sociales. La loi de solidarité découle d'ailleurs de l'effet même du jeu des acti\'ités et des énergies sociales, puisque celles-ci ne pcuyent ni exister, ni agir, sans tendre nécessairement à se contrebalancer et, par conséquent, à se coordonner, à s'équilibrer. La solidarité sociale, d'abord purement organique, biologique, comme la sensibilité, tend, comme celle-ci, à se différencier de plus en plus nettement et devient d'abord instinctive sous le nom de sociabilité, puis consciente en constituant ce qu'on appelle la moralité. La sociabilité est l'attraction des êtres sensibles les uns pour les autres et l'expression de la similitude des besoins et des aptitudes. Dans un chapitre trcs original, notre collaborateur étudie successivement l'origine et le développement de la sociabilité, les lois organiques de la sociabilit<'.: et le rôle de la sociabilit<'.:dans l'organisation sociale où clic joue le même rôle que la sensibilité dans l'organisation biologiq uc. . La partie peut-être la plus originale de l'om-ragc est celle qui concerne la théorie de la moralité. Repoussant toutes les spéculations métaphysiques qui ont obscurci cette question, s'en tenant au point de YUCs"trictcmcnt expérimental, J>iogcr recherche dans la vie et dans l'expérience l'origine de la moralité. Comme· toutes les fonctions humaines, clic a commencé humblement; mais, si on cnYisagc la question en naturaliste, on retrouve les premiers linéaments d'un acte ou d'une série d'actes moraux dans les. sociétés animales, puis dans les sociétés barbares et sauyagcs; et i mesure que la complexité d'une société s'accroit, on YOit aussi s'accroître le nombre des actes qui ont un caractcrc moral, car la moralité ne doit pas être attribuée seulement à l'intcntio,{ morale, à l'acte accompli consciemment en n1c de se soumctfrc à une sorte de loi antérieure et supérieure planant au-dessus des êtres, ou ré,·éléc ù eux. A cc compte, il n'y aurait, en effet, acte moral qu'à un stade rclatiYcrncnt aYancé de l'évolution sociale ; - au contraire, on doit considérer comme moral tout acte instinctif ou conscient ( et nous savons que la Yie consciente, dflorcsccncc ultime, nt: s'épanouit que sur un fonds de vie instinctive) qui contribue ù cc qui est considér<'.: comme le bien. ((Le bien est ce qui, d'un façon ou d'une autre, est considéré comme avantageux à la vie sociale; le mal cc qui lui est nuisible. li suffit, en effet, de remarquer que l'appréciation porte, non pas sur la valeur de l'action (( en clicmême >>, mais sur le rapport établi ou supposé entre l'acte et sa résultante, pour saisir que l'idée du bien ou du mal tire son caractérc de constance et d'absolu, non pas du bien ou du mal (( en lui-même »,
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