LA RE\'UE SOCIALISTE comn1tins a toutes les tribus sémites, et que Ialwé serait !'Élohim on plutè>t l'Éloah d'une tribu particulière, par conséquent un Dieu trib:d ou national, comme le pensent les théologiens anglais : en eff:t, cbns les chapitres II et III de la Gen<.'.:sci,l est question de Ialwé-Elohim, d'un des Élohim ayant le prénom lalwé, et, dans un passage d~1line des Rois, les Syriens considércnt Ialwé comme un des Elohim (I, Rois, XX,§§ 23 et 28). Le mot Ialwé dérive dL~verbe être (ha,wb) et, comme il est pris substantivement, il signifie l'Etre qui est, l'Éla11t; il est donc un Éloah, un homme fort et puissant qui sun·it, par conséeucnt un Dieu ancestral, dont le culte fut ctabli par Seth : Baal, aYcc l . qui il est constamment en lutte, devait pareillement être un Eloah transformé en Dieu ancestral par une tribu sémite riYale. Un exemple historique, pris dans les genéalogies romaines, Ya preciscr le sens de l'accouplement des mots Ialwe-Élohim. La gms Cornélia se subdivisait en quatre branches, se distinguant entre elles par les noms de Scipio, Lcntulus, Cossus et Sylla; - on s'appelait par exemple Publius Cornélius Scipio : Cornélius etait le nom de la gens et correspondait au nom genérique Élohim; Scipio était le nom d'une des quatre lignées et correspondait a celui de Iahvé, un des Élohim, et Publius ctait un prcnom indiYiduel. Chaque lignée de la gens Cornélia avait son ancêtre et son culte ancestral particulier; mais les quatre branches reconnaissaient un ancêtre commun et se réunissaient pour célébrer ensemble les cérémonies de son culte. Les Élohim étaient les ancêtres communs de tous les Sémites, tandis que lalwé n'etait reconnu personnage divin que par une des lignées de la grande famille Sémite. Les membres de la lignée IahYé-Élohim, au moment que le mythe commence, ctaient déj.'L parYenus a un degré de développement matériel et intellectuel rclatiYcmcnt tres d(:yeloppe; ils possédaient du coté de l'Orient un jardin délicieux, planté d'arbres, peuplé d'animaux domestiques et arrosé par un grand flem·c, mais « ils n'ayaient pas d'hommes pour labourer la terre» (ch. II,§ 5). Afin de se procurer des travailleurs, ils s'adressercnt a Adam c'est-à-dire à la lio-née des ' 0 Elohims qui, restée sauvage, menait encore la Yic sylYestrc de leurs premiers ancêtres; ces Adams leur paraissaient aussi Yils que « la poussiérc », dont ils s'cnduisaient probablement, comme le font les Australiens de nos jours : les seigneurs féodaux du moycn-ùgc, bien que se proclamant clm'.:tiens et fils d'Adam, se croyaient cependant d'une autre nature que les bourgeois et les serfs; les Iall\'é-Élohim nourrissaient de pareils sentiments pour leurs parents demeurés sauYagcs. Ils les introduisirent dans !cur j;1.rdin en qualité d'csclaYcs, leur firent passer une inspection des arbres et des animaux qu'ils ,1 auraient à cultiver et a garder » (ch. II, § 15); leur permirent Je mang-cr de
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