430 LA REVUESOCIALISTE foi.te, d'après des tarifs à régler, à tout homme ou femme ayant atteint un certain àge, sans distinction de fortune, tous la recevant comme un droit, tous étant d'ailleurs libres d'en faire l'usage qu'ils veulent. Les gens fortunés qui la recevront l'ajouteront à leurs revenus; les misérables y trouveront de quoi vivre à peu prcs sans être internés d'office dans le \.Vorkhouse. Cette proposition de M. Charles Booth n'est nullement utopique. Elle a dejà pour elle les membres les plus actifs du Parlement, MM. Chamberlain et Morley. On peut résumer ainsi qu'il suit, d'après MM. Spender et Acland, l'état actuel de la question en Angleterre. 1) On n'a nullement exagère les misères des vieux travailleurs. L'opinion publique est plutôt restée au dessous de la réalitc. L'industrialisme moderne est l'exécution sommaire des vieux et même de ceux qui ont passé l'âge et n'ont plus la force de résistance de la toute jeunesse. 2) Les sociétés. de secours mutuel de toutes sortes ont fait moralcme1;t faillite. Quand elles sont prospères, ce sont des associations de privilégiés. L'intervention de l'Etat est nécessaire. 3) Les coti;ations personnelles, les retenues sont un leurre. Il faut créer un droit légal sans conditions d'aucune sorte, à la vieillesse. Cet article, paradoxal en apparence, est fermement maintenu : Les milliardaires, s'il y en a encore, receuont, à l'âge de soixante à soixante-cinq ans, leur pension de 500 à 1,000 fr. par. an, suinnt le cas. Il ne pourront pas s'y dérober. Il leur faudra accepter quand même. 4) Un plan uniforme de pensions pour la vieillesse sera établi. C'est la conséquence du paragraphe précédent. 5) On ne décourage pas les entreprises particulières d'assurance. Elles sont absolument libres. Elles devront seulement se soumettre au contrôle de l'État et ne pas se transformer, autant que possible, en agences <l'escroquerie en grand. Les tra \'ailleurs seront publiquement aYertis des dangers qu'ils courent en s'y fiant, et en y mettant leurs paunes épargnes. 6) Il est ridicule de prétendre qu'une modeste pension assurée à tous les travailleurs (ou non travailleurs; le projet ne fait pas de distinction, puisque les milliardaires y sont compris) à partir de soixante ou soixante-cinq ans, puisse casser le ressort de l'initiatiYe individuelle. Il est grotesque de soutenir que cette pension aura quelque influence sur le taux des salaires et bouleversera la fameuse loi de l'offre et de la demande. BELGIQUE-. En Belgique, le côté internat[onal <lela question se dessine. L'objection faite à la loi est la suivante : cc Un petit pays ne peut prendre de ces mesures si les Yoisins, plus puissants, n'en font
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