La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

.. LA RE\"UE SOCIALISTE ne leur est pas interdite bien entendu) les salaires au-dessus de r ,200 fr. par an. Comme dans la loi allemande, la contribution, en dehors des subYentions de l'État, se partage entre l'employeur et l'employé. FRANCE. - Comme on fait surtout ici une reYue sommaire de l'etrangcr, la France ne nous arrêtera pas. La section d'economie sociale à !'Exposition de 1889 et à celle de Lyon sont des illustrations frappantes de l'état actuel de la situation. Les associations particulicres sont nombreuses, mais ne repon<lcnt que tres imparfaitement au but que se propose une loi d'assurance. Ce sont des societés de participation et <le secours mutuel. Même les fonds de syndicat n'échappent pas à cc reproche d'être en quelque sorte priYilegies. Quant au fond d'État administré par la Caisse des depôts et consignations, qu'en dire? En 1888, et les choses n'ont guère change depuis, r,200 personnes inscrites à l'assurance, trois accidents liquides. C'est misérable. Et pour le projet de loi, si insuffisant, ,·oté le ro juillet 1888 par la Chambre des députés, il est encore dans la salle d'attente du Senat: le train qui doit l'emporter continue à avoir du retard. ITALIE. - « L'Italie ne semble pas disposée à faire jamais l'essai du système allemand », écriYait en 1890 M. Gibon, auteur d'un remarquable rapport sur les accide11/ds11travail et l'i11duslrie. Dans l'espace de six mois il dcnit être dé.sabuse. L'Italie entrait dans la Yoie de l'assurance obligatoire. Elle ne s'y engagea, d'ailleurs, qu'ayec indécision et n'y marcha pas Yite. En 1883, le ministre Bcrti fit des propos1t1ons qui donnaient un nouyeau sens à la responsabilité patronale et qui remaniaient profondément le système des assurances. Le projet fut Yoté par la Chambre des députés, mais repoussé par le Sénat. Un second projet établit un fond national d'assurance; il passa. L'État, <l'après la loi, ne joue qu'un rôle de regulateur, il se contente de contrôler. Il est fait grand usage des banques populaires (caisses d'epargnc) qui sont tres importantes en Italie. En 1891, au congres de Berne, M. Bodio, chef du dcpartemcnt statistique en Italie, constata les progrès faits par l'opinion depuis 1889, dans le sens de l'assurance obligatoire. On préfcrait décidément, dans les milieux traYaillcurs, le droit légal à la charité. La loi du 15 aYril 1886 sur le contrôle de l'État fut, en conséquence de ces progrès de l'opinion, complétée par la proposition de loi du II juillet 1890, gui pose le principe de l'obligation, mais laisse le soin d'organiser l'assurance aux institutions priYces, spccialcment aux banques populaires ( caisses d'cpargne) . L'État n'inten·ient que par le création d'un institut central à Rome. En fait l'obligation n'existe pas

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