La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

L'ASSURANCOEBLIGATOIREN ALLEMAGKE besoin de solidarité sociale se faisait sentir vivement, douloureusement, tragiquement parfois; qu'il y avait quelque chose à faire, quoi? C'est ici que les divergences apparurent. Le ton général du Congrès fut hostile à l'assurance obligatoire, au socialisme d'État. Tout à l'initiative privée, à la libre concurrence, au je\l normal des forces naturelles. On convenait de la gravité du mal et l'on disait néanmoins que tout était bien. On prenait d'ailleurs pour le dire une voix lamentable. • Au second congrès, à Berne, I 891, les délégués des pays néo-latins apportaient les mêmes antipathies, pour ne pas dire les mêmes préjugés, contre l'assurance obligatoire. Pourtant ils furent ébranlés par la_vigueur et la richesse d'informations avec laquelle fut plaidée par les délégués du nord la cause de l'intervention de l'État. A la fin du congrès le système allemand avait gagné beaucoup de terrain. On reconnut la nécessité, non plus de faire vaguement quelque chose, mais d'élaborer très précisément et de faire fonctionner le plus tôt possible un système complet d'assurance d'État. AUTRICHE-. En Autriche la loi d'assurance contre les accidents du 1 cr avril 1888 est faite sur le modèle de la loi allemande. La diffcrence la plus remarquable est dans un respect plus grand des traditions locales et des associations libres. La division par régions remplace la division par metiers, ou plutôt cette division par métiers se fait, d'après les convenances locales, dans l'enceinte de chaque région. On sait qu'en fait ce sont ces associations locales qui ont été de preférence choisies, en Allemagne, parmi les différents types que reconnait la loi. Cette loi, malgré sa raideur apparente, ofü_-e en effet une assez grande souplesse. La loi d'assurance contre la maladie commença d'être appliquée le 6 juillet 1888. Ici la ressemblance avec la loi allemande est plus marquée. Il est moins laissé à l'initiative privée, en ce sens du moins _que les assurances libres doivent se conformei strictement aux types des associations d'État, tant pour les conditions d'admission à la pension ou à l'indemnité que pour le taux même. D'après les ra·pports faits au congrès de Berne I 891, !es résultats sont très favorables. L'assurance obligatoire, d'après les affirmations de MM. Kaan et Kulka, ne tardera pas à être étendue aux groupes de travailleurs qui restent encore en dehors de son action. HONGRIE.- L'agitation en faveur de l'assurance obligatoire a commencé en Hongrie vers ~884, très probablement sous l'influence de l'exemple donné par l'Allemagne. Elle aboutit, en 1891, à la loi d'assurance contre la maladie. Tous les travailleurs agricoles ou industriels sont soumis à l'assurance. Peuvent seuls s'en dispenser (elle

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