LA REVUE SOCIALISTE incapacitc <letravail) sont solidaires et sortent d'un même tronc. C'est l'idée socialist_c qui les a produites. Ces t:ois lois se complètent l'une l'autre. Si l'on entend par socialisme d'Etat l'ensemble des mesures à tendance socialiste prises par un gouYerncment quel qu'il soit, c'est du socialisme d'État. Mais y en a-t-il d'autre? Historiquement, il est certain que l'assurance obligatoire en Allemagne a coïncidé avec les lois d'exception contre le parti socialiste, qu'elle a eu pour promoteur Bismarck, ayant sa retraite, et l'empereur Guillaume. Mais clic était préparée par une longue éYolution d'idées, par une propagande incessante. Les idées fécondes, quoi qu'elles soient dans l'air et appartiennent à tous, ont été pourtant formulées par des philosophes et des penseurs qui ont un nom : ces noms, Turgot, Fichte, Marx, Malon, pour n'en citer que quelques-uns, sont des uoms de sociali~tes. Cette propagande a été faite par les militants du parti que les promoteurs de la loi combattent, le parti socialiste. Malgré la contradiction apparente, c'est une Yictoirc socialiste. Quant au caractère international <le la loi, il est frappant. Un pays ne peut légiférer pour un autre sans doute. Mais il peut légiférer de telle sorte que, sauf des Yariantcs, sa loi s'applique naturellement aux autres pays. En effet, l'assurance obligatoire, si elle s'étend et s'affermit en Italie, en France, ne pourra que suine les grandes lignes déjà tracées pour l'Allemagne. Il ne s'agit pas ici de ces nuances dclicates qui distinguent l'esprit des nations. Il est question de la base physique de la vie. Elle est la même à peu près partout. Comme il n'y a pas, semblet-il, une médecine allemande, une médecine française, il n'y a pas plusieurs législations du tra,·ail. Uniformité uniYerselle, fonctionnarisme uniYerscl, ces mots n'ont rien qui effraye. Il ne restera que trop de ces antipathies de races, de ces incompatibilitcs de tempérament qui créent les haines et que, par une palingénésie funeste, les haines nationales entretiennent. Quant au fonctionnarisme universel, on ne pense pas à ceci; lorsque tous seront fonctionnaires il n'y aura plus de fonctionnaires. Il faudra inYenter un autre nom. Le mouvement en faveur de l'assurance obligatoire s'est étendu à toute l'Europe. C'est en Allemagne, sans nul doute, qu'il a pris corps. Cc pays offre seul, à l'heure actuelle, un systéme complet de législation. Personne ne conteste que l'influence de l'Allemagne, en cette question, ait été grande. Après aYoir résumé la situation en Allemagne on est naturellement amené à l'étudier sommai!ement dans· les autres pays de l'Europe. Au premier congrès international de l'Assurance, à Paris, I 889, l'opposition contre le système allemand fut viYc. On s'accorda à reconnaître que le vieux moule des antiques relations patronales, quelque jugement qu'on en porte d'ailleurs, était brisé; qu'un nouyeau
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