La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

L'ASSURANCE OBLIGATOIRE EN ALLEMAGNE plus délicates Yertus s'étiolent. En a\-ril 1881, trois jours aYant la premiérc lecture du bill, Bismarck donna son opinion sur ce sujet. « La fin que j'ai en yue est de rclcYcr les paroisses d'une large part des charges que leur imposent les pauncs et les lois sur les pauucs. Je leur substitue une institution d'État s'ctcndant a tout l'empire ». On pourrait peut-être mieux dire, on ne peut s'exprimer plus nettement. Il ne s'agit pas de supprimer les sentiments charitables (supprime-t- . on un sentiment de l'âme humaine en \'Otant une loi?). Il est question seulement de décharger les institutions charitables d'une partie de leur fardeau. Bismarck n'a pas écrit ou fait écrire une ligne où le ton sarcastique ne se décèle. Il y a quelque chose de cc sarcasme habituel dans le souci de décharger les institutions charitables d'un poids trop lourd. Mais un grand nombre de personnes auxquelles la plaisanterie froide ne conYicnt pas sont a peu près <le son avis. MM. Carroll, D. Wright et John Graham Brooks citent ces témoignages: le prési- _sident von Rcitzcnstein, Schreffic, Dr Flcsch, Dr Emil Münstcrberg, le jugcAschott, le professeur Victor Bohmcrt, maire <le Fribourg (Bade). On ne peut reproduire ici tous les témoignages concordants malgré des nuances. Les auteurs ne se dissimulent pas les dangers de l'assurance obligatoire uniYcrscllc. On les connait, cc sont: 1) la simulation, « faire le malade ». Cette pratique pourrait s'étendre fâcheusement, 2) la désertion des campagnes reculées pour les Yilles, centres naturels des secours et de l'assistance légale, 3) l'affaiblissement possible du ressort indiYiducl. Il suffit d'énoncer ces dangers pour en réduire la valeur. Parmi les travailleurs de tout genre, ceux qui « font les biens portants» seront toujours beaucoup plus nombreux que ceux qui « font les malades». La «simulation» amuse et intéresse les médecins des hôpitaux. Aucun d'eux ne la consi<lére comme pouvant produire l'encombrement. Cette « simulation >> est elle-même un cas pathologique assez curieux. La désertion des campagnes, si en effet elle se produit, a bien d'autres causes que l'assistance légale. Quant au risque de casser le ressort indiYiduel, on nous permettra de le considérer comme une plaisanter-ic qui n'est pas même gaie. Pour oser la faire il faut naiment l'inconscience qui accompagne la santé parfait'e et la fortune assurée. Cette audace déconcerte. IX CONCLUSION. RÉSUMÉ DE r! ASSURANCE OBLIGATOIRE EN EUROPE Quelle conclusion tirer de cette revue? Les trois branches de l'assurance obligatoire en Allemagne (maladie, accidents, vicillè!sse et

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