LA REVUE SOCIALISTE façon diminue le taux moyen des salaires. Reste à sayoir si la loi ne tendra pas plutôt à le faire monter. VII FRAUDES POSSIBLES SOUS LE RÉGIME DE L'ASSURANCE OBLIGATOIRE On sort ici du sujet spécial de l'assurance obligatoire. La question est plus large. Dans toute société, grande ou petite, il y a les gens sérieux et les farceurs. Encore faut-il bien saYoir appliquer ces deux termes : les pires farceurs se trouvent parfois parmi les gens reputés sérieux. On ne fait pas ici de paradoxe : on constate que des hommes d'une santé à peu près bonne pcu\'ent, grâce à une certaine tenue extérieure, passer pour des traYaillcurs consciencieux, habiles, producteurs, tandis qu'ils ne font presque rien ou le moins possible. Dans tous les corps constitués cette espèce généralement estimée n'est pas rare. Il ne s'agit pas d'eux ici. Or, cc sont ceux-là qui sont la grande difficulté <lans toute œune de solidarité sociale. Les autres, qui pcu- \'Cnt-ils être? Cc qu'on appelle les «simulateurs», ceux qui se portent malades. 011 a\'oucra qu'ils sont dans la masse du peuple, quantité presque négligeable. Les rapports (rapports de Dresde 1891, de Cologne 1891, de Berlin 1891), quand on les examine de prés, marquent bien, à certaines périodes, un accroissement sans cause apparente de demandes pour maladie; mais ces périodes coïncident avec les chômages forcés. On fait rentrer ces cas dans la « simulation ». Simulation est peut-être un terme impropre. La misere n'est pas une maladie sans doute, mais c'est quelque chose d'approchant. On ne peut pas dire que les fonds d'assurance soient dilapidés dans cc cas; ils changent seulement de destination. On remarquera d'ailleurs que cette plaie de la simulation, à supposer qu'elle soit vraiment graYc, n'est pas l'effet de la loi d'assurance obligatoire. Tout cc qu'on peut en dire reste en dehors de la question. Les médecins ont beaucoup écrit sur cc sujet. Les plus serieux sont bien loin d'exagérer le mal. VIII L' ASSURAl\CE OBLIGATOIRE ET LA CHARITÉ Cette antithèse a été souvent faite. S'il n'y a plus de pauvres, que dcYiendront le~ personnes charitables et même les puissants établissements de charité? L'assistance publique, au sens large du mot, tue le dévouement et rend superflu le sacrifice. Au souffle du socialisme les
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