L'ASSURANCE OBLIGATOIRE EN ALLEMAGNE 9,250,000 seulement usent du bénéfice de la loi. C'est un déchet de 40 %, Les rapports officiels le réduisent à 16 °/o, VI L'ASSURANCE D'ÉTAT ET LES SALAIRES On se rend compte, par l'examen des tables statistiques qui illustrent l'application de la loi, de ce fait : que les contributions demandées au travailleur d'une part, d'autre part les indemnités ou pensions auxquelles il a droit sont en rapport direct aYec les salaires reçus. D'ou l'importance de cette question des salaires dans ses relations avec la loi d'assurance obligatoire. Il y a là des répercussions curieuses à étudier. Car, si le ta.ux moyen du salaire régie la pension d'assurance, le fait qu'une l~rge catégorie de travailleurs se sent le droit à une pension doit changer sa mentalité (en bien ou en mal, on laisse cette appréciation de côté) et l'amener sur le marché du travail dans des dispositions tout autres. Il est difficile de dire où en est actuellement cette transformation morale. Ce n'est pas affaire de chiffres. Du sommaire de l'assurance en Allemagne, en 1892, il résulte, comme on pouvait s'y attendre, puisque c'est le mécanisme même de l'assurance d'État, que si la pension moyenne et idéale, fictivement distribuée entre tous les membres, est dérisoire et ne répond à rien, la pension réelle touchée par les ayant-droit et les indemnités sont loin d'être négligeables et répondent parfaitement à une P,artie du problérne. Il est trop clair, que ceux qui, pour une raison ou une autre, n'ont pas à faire de demandes d'indemnité ou de pension payent en bonne partie pour les autres. Toute solidarité sociale est à ce prix. Il est évident aussi que les frais généraux sont à la charge de l'État, c'est-à-dire de tous, et qu'indirectement ils retombent sur les travailleurs eux-mêmes. Mais il semble qu'il faille s'entendre ici. Toutes les charges retombent indirecttment sur- le travailleur; mais est-ce bien, ainsi que le prétend le professeur C. Jannet, comme diminution de salaire ou comme obstacle à la haüsse? On peut n'être pas de cet avis. Et c'est ici que réapparait la question de transformation mentale. Quand les salaires, en tout ordre de travail, tombent trop bas, ce ·n'est pas par la fameuse concurrence seule, c'est par la dépression mentale de l'homme acculé à la misère et sans certitude-du lendemain. Or, l'effet de l'assurance d'État semble bien être de donner au. travailleur conscience de ses forces et d'élever ses légitimes _exigences. En fait, depuis que la loi est appliquée, les pensions de vieillesse et les indemnités n'ont en aucune
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