420 LA REVUE SOCIALISTE les séparer. On a dit q'ue l'origine réelle de la loi doit être cherchée dans les difficultés inextricables de la Yicille loi de responsabilité patronale. Les patrons s'arrangeaient toujours pour n'être jamais responsables: la faute était inYariablement du côté de l'ouvrier, négligcance, désobéissance aux ordres, manque de précautions élémentaires, fanfaronnade d'atelier, point d'honneur professionnel, courage excessif, témérité héroïque, dévouement déplacé. En fait on dut bien reconnaître que cette loi de responsabilité patronale était un leurre. Mais les origines de la nouYcllc loi doivent, scmble-t-il, être dérivées de plus loin et de plus haut. On retrouve ici le mouvement accéléré des idées socialistes. Depuis I 87 I surtout, l'idée grandit dans tous les milieux, aussi bien 13armi les hommes d'étude qu'au sein de la masse ouniére : qu'il était décidcmcnt par trop absurde et cruel de faire retomber 30 à 40,000 accidents par an sur la négligence ou l'imprudence des Yictimcs. C'était se moquer du monde. Les statistiques officielles tentcrent alors de faire le départ des cas dûs à la faute de l'ouYrier seul, a la faute combinée du patron et de l'ouvrier, aux risques inhitables. Cette répartition est un peu arbitraire. Elle aboutit pourtant, dans les tableaux statistiques, à la presque égalité pour les cas ou l'employeur est seul en cause et pour ceux ou il y a de la faute de l'cmploye. D'ou l'acte de 1871 qui, trouve encore insuffisant, fut complété par l'institution des bureaux impériaux et d'État, chargés d'office de juger des cas et de régler des indemnités et les pensions dues aux Yictimcs du travail. Un taux fut établi et imposé : tant pour \ cent de gages suiYant la gravité de l'accident, main droite, main gauche; un doigt, deux doigts, droit, gauche; deux bras, un bras, droit, gauche, et ainsi de suite. Cc tarif, malgré son aspect de rude anato- _mie et de boucherie même, avait pour but de diminuer l'arbitraire. Il y réussit en partie. IV LA LOI n' ASSURANCE OBLIGATOIRE CO!\TRE LA YIEILLESSE ET L'INCAPACITÉ DE TRA\'AIL Sommaire de la loi. - Elle s'applique à presque toutes les catégories de travailleurs, depuis les ouvriers proprement dits jusqu'aux domestiques. Il y a environ aujourd'hui 7,300,000 hommes et 3,700,000 femmes assurés. La durée de la contribution o'u retenue nécessaire pour acquérir des droits a une pension varie suiYant les cas: pour l'incapacité de travail, cinq ans de contribution sont exigés; pour la Yieillcssc, trente ans. Chaque pension comprend deux parts,
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