La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

L' ASSURAXCE OBLIGATOIRE E~ ALLEMAGXE résultat de l'acte de 1876 a étè de montrer jusqu'a l'évidence que la classe la plus dépendante ne peut être relevée que par la forte main de l'État ». D'où le nouvel acte du 18 juillet 1881, suiYi des actes de l 884 et l 886-87. . L'assurance obligatoire bat aujourd'hui son plein. Le mutualisme est mort en Allemagne. La loi, dr:1conienne en ce sens, lui impose des conditions d'existence qui suppriment son existence même. C'était d'ailleurs tuer un mourant. L'ass11rm1cdea11sla régionmi11ièredu Harz. - Les sociétés de secours mutuel avaient fait dès longtemps faillite en Allemagne. Les plus prospères en apparence et les plus Yieilles étaient dnen ues ce qu'elles doivent fatalement devenir: des sociétés closes, interdites à la masse même des travailleurs. Sans l'obligation, tous ceux qui ont besoin de l'assurance y viendront-ils d'eux-mêmes? Jusqu'à quel point l'interYention de l'État est-elle nécessaire ? La réponse au moins partielle à cette question est fournie par l'expérience. Elle a durl'.:'près de trois siècles et demi, sans interruption, dans la région minière du Harz. Que révele11t les statistiques ? Que cette association ne fonctionne depuis longtemps qu'en faveur d'une élite. Une élite ouvrière, gardons le mot, a du bon sans doute. Mais qu'est-ce qu'une assurance qui tend à être oligarchique ? Caractèrede la disc11ssio1q1ui précéda i111111éd iateme11tla loi d'assu-. ra11ceobligatoireco11trela 111aladidee 1883._ - Ce caractère. est nettement autocratique et personnel. Bismarck dirigea ou plutôt mena rondement les débats. On peut lire dans les journaux du temps ses apostrophes virulentes. Ayant à combattre les socialistes comme parti politique, il prétendait à leur attitude négative,. suivant lui, opposer des mesures pratiques et immédiatement réalisables : proscrire les hommes, utiliser les doctrines. La rapidité avec laquelle des mesures si vastes et si compliquées furent prises et exécutées, est due sans doute à la peur du socialisme grandissant, mais aussi à l'impérieuse volonté de Bismarck. Depuis 1878 surtout il est impossible de séparer l'histoire de l'assurance obligatoire du nom de Bismarck. C'est la gloire de Bismarck, disent les partisans de mesures législatives. C'est la faute à Bismarck, disent les autres. Le jeune empereur entra résolûment dans la même voie. Ce fut un coup d'éclat, presque un coup d'État. On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans cette attitude, de la résolution inflexiblement et presque sauvagement exprimée d'en finir avec les meneurs socialistes, comme s'exprime ]'Édit, ou de l'accaparement subit de quelques-unes de leurs idées par le gouvernement impérial. A l'ouverture du Reichstag, le 17 novembre 188 I, le fameux message qu'on appela « le monument de la nouvelle ère sociale », pro-

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