LA REVUE SOCIALISTE • de plus que tout autre parti. Cette simple constation, qu'on s'en félicite ou qu'on le déplore, donne à r<'·fiéchir aux hommes d'État. Apres la guerre franco-prussienne, entre 1871 et 1 Sn, le déYeloppcment du socialisme fut tel qu'il alarma le gouYcrnemcnt. Les deux attentats de 18ï8 contre la vie de l'empereur furent l'occasion des « lois d'exception » contre le parti socialiste. Mais le caractcre draconien de cette législation rendait d'autant plus nécessaire un sérieux effort de l'État pour remplacer le socialisme destructeur et négatif, comme l'exposé des motifs l'appelle, par une sorte d'assurance sociale. Malgré le ton comminatoire de l'exposé, il contient, sur la question de fond, bon nombre d'affirmations directement empruntées à la doctrine marxiste. C'est de la même façon que les dernières encycliques de Léon XIII renferment, sous la clef de Saint-Pierre, quelques vérités qu'aucun socialiste ne reniera. On a dit que le socialisme n'était ni français ni allemand, mais internationaliste, c'est évident. De même il n'est ni clérical ni anti-clérical. Partout ou des réformes inscrites au programme socialiste sont sérieusement mises en œu\Tc, il )' a socialisme. Cette action et rcaction mutuelle des partis les uns sur les autres n'est pas niable. Développe111td!lell1'11ss11rn11ce depuis les « g11ildes "· - L'assurance d'État est greffée sur les sociétés particuliércs, sur les corporations subsistantes ou récemment restaurées. Mais quelle différence ! Ces « guildes » sont des sociétés privilégiées de patrons, d'employeurs, pour leur profit personnel aussi bien que pour le profit de leurs ouniers et apprentis. L'assurance d'État Yise plus loin et porte plus haut. Elle rompt non seulement les barrières entre corporations, mais les limites cntrè nations. Elle obc'.:itaux lois d'une logique intericure, impérieuse et despotique en cc sens qu'elle se pose du premier coup, comme maxime universelle et n.:gle d'action pour tous. Elle déborde le mutualisme. Elle ne le combat pas. Elle s'en sert comme d'un moyen pour une fin plus lointaine. EsclaYagc universel, disent les uns, émancipation, disent les autres. La lcgislation de 1869 et de I8ï6, en Allemagne, était déjà une tentative de systématisation. Il s'agissait de relier entre clics les œunes mutualistes. Au fond c'ctait les forcer à manifester leur insuffisance. La statistique prussienne de 1880 montre que les sociétés de secours mutuels, de toute nature, comprennent en tout 1,259,602 membres sur un total d'ouwiers et employés de 2,-1-00,000. C'est à peine la moitié. L'œm-re ne répond pas au but. Elle usurpe son nom. Cc n'est pas mutualism_e qu'il faut dire mais socicté en participation. Le gouvernement s'empara de ces faits. L'acte de I8ï6, déclarait-il, a si peu contribué au développement des associations que jusqu'ici clics n'ont servi qu'à ceux qui en ont le moins besoin. L'obligation est devenue nécessaire. << Le seul bon tt
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==