La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

H LA RE\'UE SOCIALISTE obstacles à son introduction; clic excita la colère des Dieux-Élohim, conscn·atcurs des antiq ucs usages ; ils se décidèrent « à exterminer les hommes qu'ils aYaicnt créés >>. Des luttes sanglantes durent se produire, qui amenèrent la désorganisation des anciennes hordes et leur reconstitution d'après un nouycau plan. En effet, à partir de Noé commence une érc nouYclle: jusqu'alors Élohim, Adam, Seth, Énos, Kcnan, Mahalaléel, Jcred, Hénoc, Mathusalem et Lcmcc n'avaient engendrés qu'une lignée, dont la Bible conscrYC le nom; Noé fait exception, il procrée trois lignées : Sem, Cam et Japhet, ce qui signifie que la horde Noé se segmenta en quatre, une qui conscrYa le nom Noé, tandis que les trois autres adoptaient des noms nouYcaux : et prccisémcnt c'est par des multiples de deux que se subdiYiscnt les hordes australiennes obscrYécs par Fison et Howitt, quand clics cessent d'être cndogamiqucs et qu'elles s'organisent en clans matrimoniaux. Les indiYidus d'un même clan n'ont plus de relations sexuelles entre eux, comme prccédcmmcnt, mais les hommes d'un clan A, par exemple, ont pour épouses toutes les femmes d'un autre clan B, et celles-ci ont pour maris tous les hommes du clan A; les clans A et B sont <lits clans matrimoniaux. Toute femme australienne qui aurait <lesrelations en dehors de son clan matrimonial commettrait un adultère collectif (r). De cette ingénieuse façon, les saJngcs sont parvenus à empêcher les mariages entre frères et sœurs utérins; cc n'est que bien plus tard que les hommes arriYérent à interdire les mariages entre enfants d'un même père. Probablement c'est lorsque les relations sexuelles furent prohibées entre individus d'un même clan que l'imagination primitiYe enfanta l'être androgyne, pour se représenter les groupes conserYant les antiques mœurs endogamiqucs. Les récits des chapitres I et V de la Genèse, ridiculisés par Voltaire, qui ne pouvait saisir leur sens mythique, recèlent sous leur enveloppe symbolique des faits réels qui nous reportent aux époques les plus reculées de l'éYolution humaine; tandis que ceux des chapitres II, III et IV, que nous allons analyser, transfigurent mythiquement des faits d'époques relativement plus récentes. III LE lllYTHE D'ADAM ET D'E\'E ~e n.1ythe d:Adam et d'Ève, rapporté dans les chapitres II, III et I\i et 111tercalcdans le cours du premier n:cit de la Gencse, est un (r) F1so:-: ET Howrn. /{amilaroi a11dl{11rnai. :\Ielbourne 1880.

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