L'ÊDüCATIO~ I:-.:TÊGRALE ----·-----=---------------------- à l'aurore de sa vie, par lui mentir, par lui apprendre que l'on peut tromper, tromper dans une circonstance extrêmement graye et pourquoi? par faiblesse, par respect humain, pour obéir lfachcment à une vague convenance. Le département de la Seine est plus scrupuleux: il se respecte et respecte la jeune âme dont il a la charge ; il ne croit pas pouYoir abuser cette crédulité enfantine. Et la morale? dira-t-on. Mais la morale, c'est-à-dire l'ensemble des régies nécessaires aux hommes pour YiHc en société, la morale est chose humaine et non pas d'essence diYinc. Le plus grand tort de l'église chrétienne est d'aYoir voulu absorber notre âme tout cnticrc et d'ayoir p1ùendu faire de la morale une dépendance de la religion, si bien que, la religion s'écroulant aujourd'hui, la morale s'est effondrée aYcc elle et nous \'oguons à la dé"riYe sans phare et sans boussole, dédaignant le mysticisme qui ne nous satisfait plus et incapables de troll\·cr un principe général de conduite. Eh bien, à Cempuis, d'où Dieu est banni, on enseigne pourtant la morale ; on n'y fait pas sur cette rnatiérc de longs cours de métaphysique abstraite et nuageuse ; mais on l'enseigne, comme le reste, par la pratique; on apprend aux enfants ù s'aimer, à se respecter, à s'cntr'aidcr, ù se rendre justice, à se secourir les uns les autres dans le besoin ; la bonté leur dcYicnt naturelle; ils viYent dans la fraternité; et plus tard, lorsqu'ils sortent pour se répandre dans le monde, ils sont disposés à étendre sur les étrangers qu'ils rencontrent l'altruisme actif et rayonnant auquel ils sont façonnés. * * * Cette bienveillance, cette sympathie chaleureuse qui constituent le fond de l'enseignement de la morale à Cempuis dnaicnt aYoir et ont eu pour conséquence et pour accompagnement logiques un large amour des hommes en général, sans égard pour ces lignes ficti,·cs et Yariables qu'on appelle les fronticres. C'est dire qu'à Cempuis on hait la guerre et qu'on est internationaliste. Internationalisme! voilà justement la terrible machine qu'on a montée contre M. Robin et sous laquelle on l'a fait succomber. ChauYin, qui sommeillait doucement depuis- la mort du général Boulanger, s'est réYeillé tout à coup; il s'est enquis pourquoi on n'apprenait pas aux petits enfants à détester d'autres petits enfants qu'ils n'anicnt jamais n1s, qui ne leur ont rien fait, mais qui ont le tort·dc demeurer loin d'ici et de ne pas demander ~ boire au moyen de la niême combinaison de sons. Puis il a fait l'éloge de la guerre, cette bonne guerre, que le maréchal de Moltke déclarait si précieuse à cause des vertus qu'elle engendre. C'est nai : on ne peut lui reprocher qu'une chose à cette bienfaisante guerre, c'est de •
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