408 LA RE\'UE SOCIALISTE d'éducation; tous les âges ont droit a la félicité; que le Yin sarnureux que Yous promettez ne soit pas précédé par un breuyagc enfiellé. Il n'y a point de punitions à Cempuis : le Yicux Montaigne disait qu'il Yoyait dans leur emploi « je ne sçais quoi de scrYilc >> et il tenait« que cc qui ne se pcult faire par la raison, et par prudence et adresse, ne se faict jamais par la force ». Il n'y a pas de récompense non plus. L'institution des concours est inconnue et il ne se fait pas de composition aYcc distribution de places. On n'a pas eu besoin de recourir au mobile puissant, mais fücheux en un certain sens, de l'cmulation : les plus faibles ne sont pas humiliés et découragés par la situation de derniers dans la classe et par leur position de cancres officiellement reconnus; quant aux plus habiles on ne YCUtpas enfler leur Yanité par le succcs et la constatation de leur supériorité. Chaque éleYc posscdc un dossier personnel où s'inscrivent les notes qui lui sont données périodiquement et, chaque fois, il peut mesurer ses progrès; il doit être a luimême son propre émule. J c trouYe de la noblesse et une certaine grandeur à cette conception, qui d'ailleurs est déj1 réalisée en Allemagne, en Suisse et dans diYers autres pays. * * * L'école de Cempuis ignore Dieu, et c'est un des gros reproches qu'on lui a adressés. En cela elle ne diffcrc pas d·csautres écoles officielles, puisque en France l'enseignement est désormais neutre en matiére religieuse. Mais en fait il y a pourtant une dissemblance: les elèves des écoles primaires dans les villages pcuYcnt être envoyés à l'église le dimanche par leurs parents pour apprendre le catéchisme: à Cempuis, cette chose est impossible. Cc n'est pas, comme on l'a dit, parce que l'on fait là-bas des expérience!> sur de pauncs orphelins sans défense ; beaucoup de ces enfants, en effet, ont de la famille et sont visités par clic : il suffit pour être admis d'être orphelin de pcre ou de mcre; mais la famille, quand clic existe, est dans le même esprit que le département de la Seine, lequel, composé en majorité de gens irréligieux, ne peut pas faire enseigner la religion à ses pupilles; il ne peut pas leur infuser cc qu'il regarde comme l'erreur; il ne peut pas leur infliger cc qui serait a ses yeux une dcformation du ccrYeau, pas plus qu'il ne s'ayisera de les rendre boiteux ou bossus. Je sais bien que, clans la bourgeoisie YOltairienne, beaucoup de pcrcs n'y regardent pas de si prcs : « Que mon fils fasse sa prcmicrc communion, disent-ils, puisque cela plaît a sa mère, puisque c'est l'usage; une fois grand, il fen comme moi, il prendra mes idées, s'émancipera ». Quel raisonnement! \'ous Youlcz apparemment qu.c YOtrc fils soit loyal et franc, et Yous commencez,
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