L'ÊDUCATIO~ Il'\TÊGRALE beaux rhcs dans son Paris eu Amérique! Quelle Yive séduction ils exerçaient alors sur le parti aYancé ( Comme cc parti en souhaitait ardemment la rcalisation, qu'il s'est d'ailleurs hlté d'éloigner dés qu'il a été le maître! Dans cc pays chimérique et bienheureux, garçons et filles étaient éleYés ensemble, et tous les républicains trouYaicnt cc mélange naturel et désirable. A quoi bon séparer les enfants suivant leur sexe? Est-ce que ce n'est pas a priori les rendre attentifs ù des choses qui pourraient pendant longtemps ne pas frapper leur imagination? Pourquoi leur désigner à l'aYance l'arbre du 'bien et du mal, la pomme à ne pas cueillir. Il ne faut pas qu'une prohibition maladroite excite en eux une précoce curiosité; il ne faut pas les tenter par l'appât du fruit défendu. Qu'au contraire, ils grandissent cote à côte comme au foyer paternel. Cc n'est pas apparemment le lien du sang, ni la Yolonte de la nature, qui dresse une barriérc entre le frérc et la sœur et qui donne à leur affection un caractére de· retenue et de cha'stet6. C'est l'habitude, c'est une Yicille tradition, qui peu à peu émoussent l'appétit des sens dans la famille et permettent au frére et à la sœur de se déYclopper sans etonncmcnt et sans émoi l'un pres de l'autre. Il est donc sage d'étendre cc principe et de créer pour tous les enfants une famille agrandie où ils apprendront, sans y penser, ù s'aimer, à se respecter en échappant aux suggestions de la puberté. Loin d'engendrer l'immoralité, l'éducation mixte tend à la détruire ou plutàt ù l'empêcher de naître. Les garçons, dans cette camaraderie perpétuelle, perdent leur brutalité, se dépouillent de leur ton grossier, de leur brusquerie, de tous ces Yilains défauts que l'on contracte trop aisément dans les lycées. Ils s'adoucissent auprés de leurs compagnes et aussi auprés des enfants plus jeunes qu'eux; car le principe est de melanger les âges en même temps que les sexes; ils apprennent à aYoir des égards les uns pour les autres; ils se font polis et courtois; les grands et les forts deviennent ainsi les protecteurs des faibles, et ce ràle les ennoblit i leurs propres yeux en leur donnant le sentiment de leur Yaleur et de leur dignité. Par contre, les filles perdent cette sotte timidité qui les embarrasse et les rend sou\·ent ridicules; elles· rejettent ce qu'elles ont de gauche et d'emprunté pour acquérir plus de franchise et de hardiesse. Heureux résultats tant pour le présent que pour l'avenir. On se plaint journellement que dans la Yic les hommes Yivcnt trop souvent séparés des femmes, qu'ils ne saYcnt plus causer aYcc elles, qu'ils aiment à ·passer leur temps à part, qu'ils désertent Yolontiers le foyer pour aller dans ces funestes endroits, tous pareils au fond, mais de noms différents suiYant la classe: cercles, cafés ou cabarets. Ils auront plus de tendance à rester en famille, lorsqu'ils auront contracté des
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