40..J. LA REVUE SOCIALISTE cc qu'on appelle l'cducation intégrale, c'est-à-dire seraient inities, au moins d'une façon sommaire, à toutes les connaissances gcncrales qu'un homme doit possccler. Or, l'Orphclinat de Cempuis fonctionnait rcgulicrernent depuis plus de dix ans selon les donnccs de cc programme; il était chaque année l'objet de rapports faYorablcs de la part des inspecteurs que le ministère de l'instruction publique chargeait de l'examiner; on en parlait aYcc éloge à l'étranger ~t déjà il passait à l'ctat d'école modclc, lorsque tout rccemment une camp,1gnc Yiolente se déchaîna soudain contre lui. Cc fut une terrible levée de boucliers. Jamais, je crois, pareils souffles de colére n'aYaicnt grondé à la fois de tous les points de l'horizon pour grossir une telle tempête. Cempuis était un abominable lieu d'immoralité, une porcherie, disait-on dans le voisinage, aupres de laquelle Sodome et Gomorrhe eussent brillé comme des fleurs de purctc; garçons et filles, éléves et professeurs, tout cela viYait mêlé; enfin point de Dieu, point de patrie, point de morale; il n'était que temps de fermer cc bouge. Et de qui venaient ces hurlements? Qui pounit nourrir tant de haine et posséder tant de puissance? Qui, sinon celui qu'on appelait autrefois l'ennemi cf qui est dcYcnu l'ami d'aujourd'hui; qui, sinon le parti clérical? Tantôt il. se montrait à Yisagc dccom·crt; tantôt il gardait le masque et se contentait de parler de _pudeur outragée, de patriotisme méconnu, de désordre administratif; il exploitait ce goût de la routine si fort en France et qui nous rend tout d'abord hostiles aux nouYeautès. Il a tant gémi, crié et dèblatcré qu'il est parvenu à ses fins. Apres enquête, le systcmc de Cempuis a cté frappé, non pas en lui-même, - on n'a pas ose encore, - mais dans la personne de son créateur, M. Robin, dccbrt'.: ·incapable. Toutefois, l'enquête a quelque peu dt'.:çu ceux qui l'ont imposcc : clic n'a pas réYélé d'actes d'immoralité; 1\1. Robin a été rérnquc pour une question de principe et pour une question de fait. Le principe, c'est que M. Robin, internationaliste, n'enseignait pas le patriotisme à ses élcYcs et leur inspirait le dédain de la France. Le fait, c'est que le personnel enseignant de Cempuis ctait mal recruté. On se propose d'examiner ici- autant qu'il est possible dans les limites de cc court article - les difft'.:rcntcs faces du probléme que soulèYc cc graYe débat. * * * Elle est Yicillc cette question de la coéducation des sc:,;cs. On la Yoit agitce notamment dans un line plein de charme et de sens, qui obtint un succès bruyant Ycrs la fin de l'Empire, et qui émanait d'un homme tres modéré, aux conceptions assez vigoureuses, mais de conduite malheureusement chancelante, Edouard Laboulaye. Que de
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