L'ŒUVRE PAC1F1QCE At; X1Xe SIÈCLE 395 dans le second Congres annuel régulier, tenu à Londres en 1890. On s'attacha surtout en cette occasion a préciser les conditions de l'arbitrage international. Du reste, ces réunions annuelles avaient le grand avantage d'établir des relations intimés entre les chefs co1waincus du mouvement pacifique, qui retournaient chez eux plus confiants en leur cause qu'ils ne l'étaient en se rendant au Congrès. Les amis de la paix se réunirent a Rome dans les premiers jours de no\·embrc 1891. Ils furent reçus au Capitole et siégèrent pendant ·une semaine sous la prcsidcnce de l'ancien ministre R. Bonghi. On poussa plus avant, dans cc troisicme Congres, les constatations appartenant au domaine des relations politiques entre les nations, ainsi qu'entre les gouvernements èt les peuples; mais cc qui caractérisa surtout cette nouvelle étape, cc fut l'inauguration de la propagande collective par une série de vœux pratiques, et plus encore par la création d'un B11rea11i11tematio11alpen11a11e11t de la Paix (1). Ce dernier fait fut un heureux éYénement pour la cause pacifique, dont le Bureau projeté dcnit être la représentation tangible, l'élément essentiel de concentration. Créé dés le 1er décembre 1891, dans des conditions plus quc modestes, le Bureau international devint insensiblement le trait d'union entre les societés de la Paix, faisant affluer les noll\·elles des extrémités au centre pour les refluer du centre aux extrémités, donnant de la consistance aux groupes épars, pn'.:tant son concours aux œunes de propagande générale, collectionnant et classant les trataux a consulter par les amis de la paix et préparant ainsi pour la propagande individuelle un arsenal d'arguments et de réfutations. Le quatriéme Congres annuel régulier se tint à Berne (Suisse), en août 1892. Il fut présidé par le regretté Louis Ruchonnet, membre du Conseil fédéral suisse et champion des idées pacifiques dés la création de la Ligue internationale de la Paix et de la Liberté. On constata dans ce Congrès l'organisation définitive du Bureau international, qui vivait des subventions volontaires des sociétés de la Paix et de généreux adhérents. Les résolutions de ce quatrième Congres furent marquées au coin du sens pratique. Il était é\-ident qu'à mesure que les sociétés apprenaient à se mieux connaître elles prenaient plus de confiance dans le résultat final de leurs efforts collectifs, et qu'elles cherchaient avec plus d'esprit de suite les bases d'une action commune pour la réalisation de ce qui n'avait été jusque-là qu'un idéal à très longue échéance. (r) Le signataire de cet article, M. Élie Ducommun, a organisé et dirige ce Bureau avec autant de devouemcnt que de compétence. C'(ote de la Direction.)
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