La Revue socialiste - 1894 - Tome XX- vol 02

394 LA REVUE SOCIALISTE Une société trés importante, fondée par M. Hodgson Pratt, l'U11io11loe111barda, à Milan, reprcscntait en majeure partie le mouYement pacifique en Italie; il existait, à côté d'elle, un Comité ro111ai11, une Sociétéde la Paix à Palerme, et une à Venise. L'Angleterre avait deux grandes sociétés de la Paix : la Peace Society aYcc de nombreuses succursales, et l'J11ternatio11aAlrbitratio11 a11dPeace Associatio11, fondce par M. Hodgson Pratt, dans un esprit dégagé des exclusives préoccupations religieuses. En Allemagne, on ne comptait encore que deux sociétcs, celle de Francfort et celle de 'Wiesbaden. • L'Autriche n'avait que des adh~rents sans aucune concentration des efforts indiYiduels. La Belgique aYait une section de l'I11/eniatio11aAlrbitra/ion all(l Peaceassocititio11, et dans les Pays-Bas travaillaient deux sociétés : la Société gé11éraldee la Paix et l'Associatio11Pax hu111a11itate, qui s'occupait plus spccialcment des questions scolaires. Le Danemark donnait à l'œuvre pacifique le concours pcrshérant de sa Sociétépour la neutralisationdn Da11e111arll, et il existait une· Sociétéde la Paix à Stockbolm. Voilà pour l'Europe. En Amérique on connaissait plus de cinquante sociétés de la Paix, dont le plus grand nombre ctaient des succursales des deux principales associations, saYoir : l' A 111ericaPi1cacc Society, à Boston, et l' Universa"Pz eaceU11io11, à Philadelphie. A l'occasion de l'exposition universelle de 1889, les amis de la Paix de France et d'Angleterre s'entendirent pour organiser un Congres international à Paris, aYec le concours du gouYernement, qui ne cachait pas ses sympathies pour l'œune pacifique. Cette initiatiYe, due en majeure partie à MM. Frédéric Passy et Charles Lemonnier, en France, et à M. Hodgson Pratt, en Angleterre, eut d'excellents résultats, moins peut-être par les resolutions theoriques qui furent prises dans le Congrès que par l'impulsion que cette manifestation publique donna aux sociétés de la Paix dans les différentes contrées du continent europcen. Nous parlons de « résolutions théoriques >>. Il est certain qu'on n'en pounit guère prendre d'autres; car il fallait aYant tout se mettre d'accord sur les principes genéraux qui devaient justifier les futures manifestations en faveur d'une paix définitive. Aussi les premiers congres réguliers se borncrent-ils à proclamer comme bases des futures relations internationales l'autonomie des États, le droit des nations de disposer d'elles-mêmes, la négation du droit de conquête,· 1a substitution de la l'oi du plus juste à la loi du plus fort par l'application de l'arbitrage à tous les litiges entre peuples. Ces études, d'une nature toute scientifique, furent poursuiYies

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